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Fabius visite les réfugiés syriens en Jordanie, appelle au départ d'Assad

16/08/2012 12:09 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, a appelé jeudi au départ du président syrien Bachar al-Assad, "bourreau de son peuple" et rencontré en Jordanie des réfugiés syriens qui lui ont réclamé l'aide militaire de Paris.

"La position de la France est claire: nous considérons que (le président syrien) Bachar al-Assad est le bourreau de son peuple, qu'il doit partir et que le plus tôt sera le mieux", a déclaré M. Fabius à la presse lors d'une visite au camp de réfugiés de Zaatari, dans le nord de la Jordanie.

"Bachar a tué mon fils et détruit ma maison", lui a assené Mohammed Hariri, réfugié syrien père de dix enfants. "Je veux être vengé," ajoute cet homme de 51 ans, originaire de Deraa, le berceau de la révolte entamée il y a 17 mois et devenue conflit armé.

Souad, une mère de famille de quarante ans, approuve: "Ce n'est pas de l'aide humanitaire que nous voulons. Nous voulons armer l'opposition pour venir à bout de Bachar al-Assad."

Laurent Fabius n'a pas répondu directement aux réfugiés mais a déclaré à la presse que la France voulait une solution politique en Syrie, ajoutant plus tard à Beyrouth: "l'aspect militaire, c'est l'affaire des Syriens".

Les insurgés syriens souhaitent que les pays occidentaux leur livrent des armes pour contrer la puissance de feu de l'armée syrienne et qu'ils interviennent directement comme en Libye ou bien imposent une zone d'exclusion aérienne.

"Ce n'est pas un secret qu'un certain nombre de pays acceptent de livrer des équipements non létaux, des équipements de communication ou des techniques qui vont être utiles à l'opposition et la résistance syriennes," a indiqué le chef de la diplomatie française.

Selon lui, "il n'y a pas de la part des pays européens - singulièrement la France - de livraison d'armes létales puisque nous nous sommes engagés à respecter un embargo sur les armes. En même temps nous aidons le plus possible la résistance syrienne".

"L'aspect militaire, c'est l'affaire des Syriens" a affirmé le ministre français à son arrivée à Beyrouth jeudi soir, poursuivant "il y a aussi l'aspect politique".

"Il faut une transition politique et (pour cela) il y a une série de discussions à l'heure actuelle avec les pays arabes et entre les différentes puissances pour favoriser cette transition. Mais c'est aux Syriens eux-mêmes que la décision appartient".

"Nous souhaitons vivement que rapidement puisse être mis en place un gouvernement de transition qui sera reconnu par les principaux pays du monde et qui permettra d'accélérer la chute de Bachar al-Assad, qui est devenue une nécessité évidente," a-t-il dit en Jordanie.

Interrogé sur la possibilité de mettre en place une zone d'exclusion aérienne, le ministre a souligné que la France n'intervenait que dans un cadre légal international, qui fait défaut actuellement "parce qu'en particulier les Russes et les Chinois ont mis leur veto" à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

M. Fabius a reconnu les difficultés d'un changement de régime en Syrie, souhaitant "une Syrie libre et démocratique qui offre des garanties à toutes les communautés. (Ces dernières) doivent pouvoir vivre librement en Syrie ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", a-t-il ajouté.

La Syrie compte 80% de sunnites, 10% d'alaouites qui sont une branche de l'islam chiite, 5% de chrétiens, 3% de druzes, 1% d'ismaéliens et moins de 0,5% de chiites.

Laurent Fabius s'est également entretenu à Amman avec le roi Abdallah II de Jordanie. Le palais jordanien a indiqué avoir mis le ministre français en garde "contre les répercussions régionales du conflit".

La Jordanie, qui accueille plus de 150.000 réfugiés syriens, a aussi affirmé qu'elle "continuerait à venir en aide aux réfugiés syriens, malgré ses ressources limitées".

Laurent Fabius devait poursuivre jeudi et vendredi sa tournée au Liban et en Turquie.

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