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Espagne - Malaga: l'argent ne coule plus à flots

16/08/2012 05:38 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

En l'espace de quelques mois, Malaga, club qui croyait avoir touché le pactole en étant racheté en 2010 par le cheikh qatari Abdullah Al-Thani, est brutalement repassé du statut de nouveau riche à celui de club aux ressources modestes.

A quelques jours d'une des saisons les plus importantes de son histoire, qui peut le voir accéder à la Ligue des Champions -- s'il franchi son barrage contre le Panathinaikos -- Malaga voit ses vivres coupés par son tout-puissant propriétaire.

Résultat: quand le club andalou avait affolé l'été dernier un marché des transferts, par ailleurs poussif, en déboursant 58 millions d'euros pour 10 joueurs parmi lesquels Cazorla, Toulalan ou encore Van Nistelrooy, le voilà cet été contraint d'écoper pour ne pas couler.

Lors de ces dernières semaines, il a ainsi été contraint de vendre ses internationaux Cazorla (Arsenal), Rondon (Rubin Kazan) ou encore Mathijsen (Feyenoord Rotterdam) qui avaient pourtant activement participé à son inédite quatrième place décrochée la saison dernière.

Officiellement, les raisons alléguées par le club pour expliquer ce brusque changement de statut paraissent assez obscures.

"Le club de Malaga a commencé un processus de restructuration interne pour s'adapter aux exigences du fair-play financier, avec l'intention de garantir l'auto-suffisance de l'entité", expliquait ainsi début août un communiqué un rien sibyllin sur le site internet du club.

Dans les faits pourtant, le cheikh est bien en train de réduire la voilure.

Accusant jusqu'à très récemment des impayés de salaire vis-à-vis de ses joueurs, le club andalou a ainsi été forcé de se séparer de certaines de ses stars pour pouvoir rembourser certains arriérés de salaires.

Les 26 millions d'euros rapportés par les récentes ventes de Cazorla, Rondon et Mathijsen ont de ce point de vue été précieux.

Se croyant à l'abri après l'arrivée d'Abdullah Al-Thani en juin 2010, Malaga fait aujourd'hui les frais d'une gestion erratique qui l'a souvent vu prendre du retard dans le paiement de certains transferts à d'autres clubs.

Ce manque de rigueur avait notamment provoqué le départ de Fernando Hierro, ancien manager général du club, en mai 2012, après que celui-ci eut plus d'une fois été obligé de trouver des compromis avec des clubs qui souhaitaient assigner Malaga en justice.

Désormais sommé de se serrer la ceinture après avoir vécu la grande vie, on pourrait penser que le club ciel et blanc se réveille de ce conte de fées avec la gueule de bois.

Mais à la Rosaleda, on fait plutôt contre mauvaise fortune bon coeur. "Nous étions un géant aux pieds d'argile et nous n'avions d'autre choix que de vendre pour récupérer notre équilibre financier", recueillait ainsi récemment le journal El Pais dans la bouche d'un responsable du club.

Il n'empêche: orphelins du double champion d'Europe Cazorla et affaiblis par les départs des attaquants Rondon et Van Nistelrooy (retraite), les Andalous vont devoir souffrir pour passer l'obstacle du Panathinaikos sur la route vers la phase de poules de la Ligue des Champions.

Ce Graal s'avère pourtant presque indispensable pour le club: non seulement il lui permettrait de faire connaissance pour la première fois de son histoire avec la C1, mais cette participation rapporterait aussi 8,6 millions à une entité qui, du jour au lendemain, a réappris à compter en milliers et non plus en millions.

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