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Egypte: Washington "très inquiet" des restrictions à la liberté des médias

16/08/2012 02:17 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

Le département d'Etat américain s'est dit jeudi "très inquiet" des restrictions à la liberté de la presse en Egypte à propos du cas de deux journalistes égyptiens qui doivent être jugés prochainement pour avoir critiqué le président islamiste Mohamed Morsi.

La porte-parole de la diplomatie américaine Victoria Nuland a souligné lors de son point de presse que la liberté d'expression et la liberté des médias étaient au coeur des "régimes démocratiques solides et dynamiques" et correspondaient aux aspirations des Egyptiens qui ont contribué au départ en 2011 de l'ancien président Hosni Moubarak.

Le présentateur de télévision égyptien Tewfik Okacha, qui dirige sa chaîne Al-Faraïn, sera jugé le 1e septembre pour "incitation au meurtre" du président Morsi, tandis que Islam Afifi, rédacteur en chef du petit quotidien indépendant Dostour, sera jugé le 23 août pour avoir publié des informations mensongères et incité à la déstabilisation de l'Egypte.

"Nous sommes très inquiets que le gouvernement égyptien prenne des mesures restreignant les critiques et la liberté des médias en Egypte (...) La liberté de la presse et la liberté d'expression sont des éléments fondamentaux des démocraties solides et dynamiques", a déclaré Mme Nuland, ajoutant que les Etats-Unis se "joignaient aux attentes du peuple égyptien afin que le gouvernement soutienne et étende la liberté de la presse".

M. Okacha diffusait un programme de télévision très hostile à M. Morsi et à la confrérie des Frères musulmans dont le président égyptien est issu. Il a été placé, de même que son confrère Afifi, sous interdiction de quitter le territoire. Les autorités ont mis la chaîne de télévision hors antenne pour un mois.

Ces procès à venir contre les deux journalistes surviennent alors que des militants ont programmé pour le 24 août une campagne de manifestations contre le président Morsi.

Après son entrée en fonctions le 30 juin, Mohamed Morsi a affirmé son pouvoir en mettant à la retraite de hauts responsables de l'influente armée. Il a aussi fait nommer par la chambre haute, dominée par les Frères musulmans, les rédacteurs en chef des médias d'Etat, lesquels étaient très hostiles à la confrérie autrefois interdite.

Mme Nuland a répété que la "situation en termes (de partage) des pouvoirs en Egypte était plutôt compliquée, confuse et changeante" et que Washington tablait sur la "poursuite d'une transition démocratique complète" dans ce pays.

nr/jca

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