Détatouage: comment effacer le passé avec la technique Q-Switched Laser (PHOTOS/VIDÉO)

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DETATOUAGES
Simon Assouline pratique le détatouage dans sa clinique. | Véronique Leduc

Un tatouage, c'est pour la vie? Plus maintenant. Avec des techniques de détatouage qui se sont raffinées, nombreux sont ceux qui font disparaitre cette image qui ne les représente plus. Après le tatouage, c'est au tour du détatouage d'être à la mode. Qui a dit qu'on ne pouvait pas effacer le passé?

«J'avais 17 ans, j'étais rebelle et je voulais faire comme mes amis. J'ai rapidement trouvé une image et je me suis fait tatouer. Je ne l'avouais pas à cette époque, mais à vrai dire, mon tatouage, je ne l'ai jamais aim », explique Marie-France Nicolas, dix ans après son coup de tête de jeunesse.

«Dans la société actuelle, on manque de rituels, alors on cherche des façons de donner un sens à sa vie, de marquer les moments importants et d'afficher sa différence», estime Mariette Julien, professeure à l'École supérieure de mode de Montréal de l'UQAM et auteure d'ouvrages sur la mode et la publicité. «Les tatouages aident les gens à définir qui ils sont: en se servant du corps comme d'un canevas artistique, c'est comme si on disait "je suis telle personne, je vis telle chose, je contrôle mon corps et je vous le montre de cette façon".»

Cachez ce tatouage que je ne saurais voir

C'est une image de Betty Boop dans le haut du dos qui suit Marie-France Nicolas depuis dix ans. «Je ne le vois pas, mais je sais qu'il est là. Pour le cacher, je me suis toujours habillée en conséquence ou alors, je le cachais avec mes cheveux», explique t-elle. Après des années à y songer, c'est seulement l'an dernier que la jeune femme a pris les choses en main. «Je voulais me faire retatouer par dessus, mais comme mon tatouage était foncé et boursouflé, on m'a dit que ce ne serait pas possible. J'ai donc entrepris des recherches sur le Web à propos du détatouage. J'y ai trouvé des histoires plus ou moins réussies et ça m'a fait peur mais finalement, quelqu'un m'a conseillé Simon Assouline. Après une rencontre avec lui, j'avais confiance et j'ai entamé le processus de détatouage.»

Et Marie-France n'est pas la seule. «Je suis très occupé; je reçois environ 300 personnes par mois», affirme Simon Assouline dans son local de la rue Queen Mary à Montréal, en pointant les gros cartables contenant les dossiers de ses clients.

À travers la province, certaines cliniques de dermatologie offrent un service de détatouage, mais Simon Assouline est le seul à Montréal à s'être spécialisé. Après avoir suivi un cours et s'être déplacé pendant plus d'un an à travers la ville pour détatouer ses clients, Simon a ouvert, il y a quelques mois, son propre centre, New Skin Laser, qui, ironiquement, sert aussi de grossiste et propose du matériel aux tatoueurs.

Aux couleurs du temps

Mais d'où vient cet engouement pour le détatouage? «La personne peut avoir changé et ne plus se reconnaître dans cette image choisie à une autre époque, observe Mariette Julien. Pour d'autres, c'est plutôt une question de professionnalisme alors qu'ils entrent sur le marché du travail. Et de nos jours, alors qu'une personne sur quatre en Amérique du Nord âgée entre 19 et 50 arbore un tatouage, certains désirent se tourner vers autre chose pour marquer leur originalité».

Depuis ses débuts, Simon Assouline en a vu de toutes les couleurs: du nom de l'ex inscrit sur la poitrine en passant par le tatouage manqué, jusqu'aux personnages Walt Disney à la mode... il y a 20 ans! Pour effacer ces traces du passé, il utilise la technique Q-Switched Laser, qui selon lui, est plus sécuritaire que la dermabrasion «très dommageable pour la peau» ou que l'injection d'acide, dont on ne connaît pas encore les conséquences.

Les résultats sont variables: si certains découvrent, sous leur tatouage une peau presque parfaite, d'autres devront vivre avec des cicatrices ou une pâle couleur. « Pour moi, les cicatrices, c'est moins pire que le dessin », assure Marie-France.

Environ 40% des clients de New Skin Laser désirent simplement pâlir leur tatouage afin de se faire retatouer par dessus. Dans ce cas, on aura besoin de moins de séances.

Pour Marie-France, aujourd'hui au milieu de son processus, c'est une douzaine de séances de 10 minutes, chacune espacée de cinq semaines, et au coût de 120$ chacune, qui seront nécessaires. Au bout du compte, pour faire disparaitre Betty Boop, cela lui aura coûté presque 10 fois le prix payé il y a 10 ans. «Le processus est long et cher et ça fait au moins 100 fois plus mal que de se faire tatouer, mais ça vaut la peine...»

«Encore aujourd'hui, je trouve ça super beau des tatouages, mais je me dis que c'est une mode. Les manches de couleurs, très populaires actuellement, est-ce que ça va passer... comme le tribal, comme les signes chinois? De toute façon, je vis autre chose. Je vois des gens se faire tatouer et je suis totalement dans le processus contraire. Je ne me ferai jamais retatouer!»

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