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Des policiers sud-africains ouvrent le feu sur des mineurs en grève

16/08/2012 06:21 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

JOHANNESBOURG, Afrique du Sud - La police sud-africaine a ouvert le feu jeudi sur des employés en grève d'une mine de platine, faisant un nombre indéterminé de blessés, et possiblement des morts. Des corps inanimés gisaient dans des flaques de sang autour des installations de la mine Lonmin PLC, au nord-ouest de Johannesbourg.

La police a donné l'assaut jeudi après-midi contre les travailleurs en grève rassemblés près de la mine, après les avoir exhortés de rendre leurs armes et de rentrer chez eux. Certains employés sont partis, mais d'autres mineurs armés ont commencé à scander des slogans avant de marcher en direction du township situé près de la mine, selon Molaole Montsho, un journaliste de la South African Press Association présent sur les lieux au moment de l'affrontement.

La police a d'abord eu recours à des canons à eau, puis à des grenades assourdissantes et à des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, a indiqué le journaliste.

Soudainement, un groupe de mineurs s'est mis à courir dans les broussailles en direction d'une rangée de policiers. Selon les images diffusées par un réseau de télévision privé, les policiers ont immédiatement ouvert le feu et des manifestants sont tombés au sol les uns après les autres. Des dizaines de tirs sont partis des fusils automatiques et des pistolets des forces de l'ordre.

Un policier a alors crié «cessez-le-feu!», et les tirs se sont arrêtés. Des corps, dont certains ensanglantés, gisaient dans la poussière. Des images montraient des mineurs, les yeux grand ouverts, regarder à distance les policiers lourdement armés en tenue antiémeute.

Il s'agit d'un incident étonnant dans un pays considéré comme un modèle de démocratie depuis la fin de l'apartheid et les premières élections multiraciales, en 1994. La fusillade a rappelé les images des policiers blancs qui tiraient sur les manifestants noirs dans les années 1960 et 1970, mais cette fois-ci, il s'agissait principalement de policiers noirs qui tiraient sur des travailleurs noirs.

Les autorités n'ont pas dit si des travailleurs avaient perdu la vie dans l'affrontement. Le porte-parole des policiers en poste à la mine, le capitaine Dennis Adriao, a refusé de commenter la situation. Le vice-président exécutif de Lonmin, Barnard O. Mokwena, a seulement déclaré: «Il s'agit d'une opération policière».

Les troubles à la mine Lonmin ont commencé le 10 août, quand environ 3000 employés ont déclenché une grève pour réclamer de meilleurs salaires. Selon les responsables de la mine, il s'agit d'une grève illégale.

Dimanche, la colère des travailleurs a pris une tournure violente. Des manifestants ont mis le feu à une voiture, tuant les deux gardes de sécurité qui se trouvaient à l'intérieur. Le lendemain, les manifestants ont tué deux travailleurs et deux policiers, selon les autorités. Les policiers ont répliqué, tuant trois manifestants.

La mine est située à Marikana, à environ 70 kilomètres de Johannesbourg. Lonmin PLC est le troisième plus important producteur de platine au monde, et 96 pour cent de sa production provient de la mine de Marikana.

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