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Bahreïn: Washington "troublé" par la peine de prison infligée à un militant

16/08/2012 02:42 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis sont "profondément troublés" par la peine de trois ans de prison ferme infligée au défenseur des droits de l'Homme Nabil Rajab à Bahreïn en raison de sa participation à des manifestations non autorisées, a fait savoir le département d'Etat jeudi.

La porte-parole de la diplomatie américaine Victoria Nuland a appelé le royaume de Bahreïn à protéger les libertés fondamentales et a souligné qu'une décision comme celle prise à l'encontre de Nabil Rajab jeudi ne pouvait "que diviser un peu plus la société à Bahreïn".

"Nous sommes profondément troublés par cette peine de prison", a déclaré Mme Nuland. "Nous pensons que tous les citoyens ont le droit de participer à des actes de désobéissance civile pacifiques".

"Nous appelons le gouvernement de Bahreïn à prendre des mesures pour redonner confiance aux citoyens à travers le pays et à démarrer un véritable dialogue avec les partis d'opposition et la société civile", a-t-elle ajouté. "Prononcer une peine comme celle d'aujourd'hui ne peut que diviser un peu plus la société à Bahreïn".

Nabil Rajab fait partie de la majorité chiite, alliée des Etats-Unis. Il est emprisonné depuis le 6 juin, poursuivi pour avoir insulté des membres de la communauté sunnite sur Twitter, quelques jours après avoir été remis en liberté sous caution. Il avait auparavant été mis derrière les barreaux pour d'autres motifs.

Malgré leurs critiques contre le régime, les Etats-Unis n'ont pas rompu leurs relations avec Bahreïn, et ils ont continué à lui vendre des armes.

Bahreïn, situé stratégiquement dans le golfe Persique face à l'Iran, abrite le quartier général de la Ve flotte américaine.

Le royaume a été secoué en 2011 par un mouvement de contestation du régime, animé par des chiites et réclamant une monarchie constitutionnelle dans ce pays à majorité chiite mais dirigé par une dynastie sunnite.

La Russie a accusé Washington d'être hypocrite en soutenant Bahreïn tout en critiquant Moscou pour son soutien au président syrien Bachar al-Assad. Les Etats-Unis ont toutefois souligné que les armes vendues au royaume ne pouvaient pas être utilisées contre la population.

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