La chancelière allemande Angela Merkel a réaffirmé jeudi à Ottawa son engagement à faire tout son possible pour défendre l'euro et a promis au Canada d'accélérer les négociations sur un accord de libre-échange avec l'UE.

"Nous sommes engagés à faire tout notre possible pour maintenir la monnaie commune", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse, indiquant en réponse à une question être "sur la même ligne" que la banque centrale européenne (BCE).

Le président de la BCE Mario Draghi "a dit quelque chose que nous avons répété plusieurs fois depuis le début des difficultés en Grèce, il y a plus de deux ans", a souligné Mme Merkel.

Les décisions récentes de la BCE montrent que la banque juge qu'une "action politique est simplement une condition préalable à une évolution positive dans la zone euro", a encore dit la chancelière, favorable à un meilleur "partage des responsabilités sur le plan politique".

Elle a suggéré un renforcement des pouvoirs de la Commission européenne pour permettre à celle-ci d'intervenir sur le budget d'un Etat-membre.

"Vis-à-vis d'un pays qui ne respecte pas les règles, la Commission pourrait intervenir directement dans la loi de finances et c'est quelque chose dont nous devons discuter", a dit Mme Merkel, sans citer de cas précis.

Elle s'est abstenue d'évoquer la situation de la Grèce qui s'apprêterait, selon des fuites, à demander un sursis supplémentaire de deux ans pour le retour à l'équilibre budgétaire, une idée que Berlin rejette.

En visite de deux jours au Canada, la chancelière a fait visiblement plaisir au Premier ministre Stephen Harper, en promettant d'oeuvrer pour la conclusion du vaste accord de libre-échange négocié depuis trois ans entre l'Union européenne (UE) et le Canada, prévue pour la fin de l'année.

"A mon retour en Allemagne, je veillerai à ce que ces négociations soient conclues rapidement", a dit Mme Merkel, tout en reconnaissant qu'il restait encore des problèmes à régler.

Ce sont la propriété intellectuelle, les marchés publics, les brevets pharmaceutiques et certains aspects du secteur des services qui posent problème. Sur la question des marchés publics, les provinces canadiennes craignent la concurrence des entreprises européennes.

En revanche, la conférence de presse des deux dirigeants a révélé que si Mme Merkel pensait inciter le Canada à aider financièrement la zone euro --ce qu'Ottawa se refuse à faire--, cet objectif hypothétique n'a pas été atteint.

Interrogé sur un éventuel arrangement donnant-donnant comprenant cette question et celle de l'accord de libre-échange, M. Harper a répliqué que "les deux questions n'étaient pas liées".

"Nous faisons pleinement confiance à nos partenaires européens. Nous croyons qu'ils ont la volonté et les moyens de répondre aux défis auxquels ils sont confrontés", a-t-il réaffirmé.

Mme Merkel a observé que le Canada pouvait aider l'Europe à travers des conseils prodigués dans le cadre du Fonds monétaire international (FMI).

Enfin, la chancelière a évoqué en termes généraux un partenariat dans l'exploitation des richesses naturelles du Canada.

"L'approvisionnement en matières premières est une question stratégique pour bien des gouvernements", a-t-elle dit. 'C'est pourquoi nous sommes heureux de développer une coopération étroite avec un pays aussi riche sur ce plan que l'est le Canada".

Jeudi après-midi, la chancelière se rendait à l'Université Dalhousie à Halifax, sur la côte atlantique du Canada. Docteur en chimie, Mme Merkel devait s'y entretenir avec des chercheurs canadiens de biologie marine et de questions environnementales, avant de reprendre l'avion dans la soirée pour rentrer à Berlin.

via/lor