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Angela Merkel apporte son soutien au libre-échange Canada-UE

16/08/2012 06:07 EDT | Actualisé 16/10/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Angela Merkel est venue apporter jeudi au premier ministre Stephen Harper ce qu'il désirait — un appui solide à un éventuel accord de libre-échange avec l'Union européenne —, tout en soulignant au passage certains irritants dans le dossier des sables bitumineux de l'Alberta.

La chancelière allemande et le premier ministre canadien ont déclaré jeudi qu'ils ne jouent pas à «à bon chat bon rat» quand vient le temps de trouver des solutions pour redresser l'économie mondiale. Ils ont indiqué qu'un éventuel accord de libre-échange avec l'Union européenne ne dépend pas de la décision du Canada de s'engager financièrement dans un fonds d'urgence créé par le Fonds monétaire international (FMI).

Le refus du Canada de participer à ce fonds a suscité la colère de certains leaders européens, mais Mme Merkel a insisté — avec le premier ministre à ses côtés — pour dire qu'il serait injuste de lier l'accord de libre-échange aux problèmes économiques de la zone euro.

Lors d'une conférence de presse organisée sur la colline parlementaire après son entretien avec M. Harper, la chancelière Merkel a déclaré qu'il importe de trouver des occasions de croissance pour la zone euro. Des ententes commerciales conclues avec d'autres pays, a-t-elle dit, constituent un excellent moyen de stimuler cette croissance.

Elle en a profité pour souligner le travail du premier ministre Harper et la bonne santé de l'économie canadienne compte tenu de la récession qui sévit depuis quelques années. «Je crois que le Canada peut servir d'exemple en terme de redressement radical d'un pays à la suite d'une crise. Vous possédez un système de libre-échange, une politique budgétaire efficace et des règles strictes pour les banques. Le Canada a bien réagi dans un contexte de crise. Nous avons des leçons à tirer de cette situation.»

Le Canada estime qu'une entente avec le bloc de 27 pays d'Europe pourrait ajouter 12 milliards $ à l'économie chaque année.

M. Harper affirme que cet accord de libre-échange est un projet ambitieux qui démontrerait à l'économie mondiale que les pays développés sont capables d'aller de l'avant sur le plan commercial. Pour leur part, les leaders européens voient cette entente comme la plus importante jamais signée, a dit Mme Merkel.

Lors d'un point de presse, le premier ministre canadien a réitéré son désir de travailler de concert avec l'Allemagne. «Pendant ces problèmes — qui sont réels — de la dette et de la fiscalité, il est important aussi de nous cibler sur la croissance et sur la création d'emploi (...) et un accord de partenariat économique et de libre-échange entre nos deux économies.»

À son tour, il a plusieurs fois salué le leadership politique et économique de la chancelière allemande et de son gouvernement, qui se montrent très sévères à l'égard du reste de l'Europe pour son retard à imposer des mesures d'austérité.

Interrogée au sujet des problèmes d'environnement reliés à l'extraction des sables bitumineux, Angela Merkel a bien pesé ses mots, et indiqué qu'elle en avait discuté avec M. Harper.

Une discussion dans ce dossier doit avoir lieu entre les deux pays pour en arriver à des normes claires en terme d'exploitation du pétrole dans le cadre d'un accord de libre-échange avec l'Union européenne. Le Canada s'oppose actuellement à de telles normes.

La chancelière Merkel a prédit une collaboration étroite entre son pays et le Canada en matière de ressources naturelles. Une des entreprises qui l'accompagnent dans sa mission économique, K+S Group, a démarré récemment un projet de forage de 3,25 milliards $ dans une mine de potasse de la Saskatchewan.

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