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Un raid aérien fait plus de 20 morts dans le nord de la Syrie (OSDH)

15/08/2012 11:33 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

Un raid de l'armée de l'air syrienne a tué plus de vingt personnes mercredi dans la localité rebelle d'Azaz, dans le nord de la Syrie, près de la frontière avec la Turquie, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

"Je peux affirmer qu'il y a plus de vingt morts que nous avons pu identifier", a déclaré à l'AFP le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Il a précisé que le raid avait également touché les onze pèlerins chiites libanais enlevés le 22 mai dans le nord de la Syrie et que quatre d'entre eux avaient été "grièvement blessés".

Selon lui, le raid, mené par un avion qui a brisé le mur du son avant de tirer des missiles, a visé un ancien siège local du parti Baas dans cette ville de 70.000 habitants, devenu un quartier général pour des groupes rebelles.

L'attaque a provoqué un vent de panique dans la ville, et des centaines de personnes, essentiellement des femmes et des enfants, se pressaient mercredi soir à la frontière turque voisine, selon un journaliste de l'AFP.

Sur les lieux du raid, un journaliste de l'AFP a vu des dizaines de personnes, criant et se lamentant, escalader les décombres à la recherche de survivants.

Selon lui, tout a été rasé sur un périmètre de 40 par 20 mètres, soit une dizaine d'habitations, et les vitres de nombreuses maisons des alentours ont été soufflées.

"Les morts sont des civils et des combattants, mais ce qui est clair c'est que c'était une base de l'Armée syrienne libre" (ASL, qui regroupe des déserteurs et des civils ayant pris les armes), a expliqué M. Abdel Rahmane.

"C'est une zone civile. Toutes ces maisons étaient pleines de femmes et d'enfants qui dormaient en raison du jeûne du ramadan. Même Israël n'oserait pas faire une chose pareille", a pour sa part dénoncé à l'AFP Abou Omar, un ingénieur de 50 ans.

A l'hôpital, un journaliste de l'AFP a vu une petite fille de quatre ans apparemment décédée, ainsi que le corps couvert de poussière d'un bébé de moins d'un an, et des restes humains dissimulés sous un drap.

"Personne ne sait jusqu'où le bilan va monter maintenant. Cela pourrait prendre des jours pour fouiller les décombres", a déclaré Abou al-Baraa, un médecin radiologue arrivé le jour même d'Arabie saoudite, précisant que l'hôpital d'Azaz ne comptait qu'un seul autre médecin, un anesthésiste.

Selon des témoins et des membres de l'ASL venus renforcer la sécurité après le raid, l'avion a tiré deux fois, et la seconde frappe, moins importante, a visé un centre de presse improvisé, sans qu'il soit possible de préciser si elle a fait des victimes.

A la frontière voisine, des familles transportant des sacs de vêtements et des boîtes de nourriture sur la tête se pressaient pour trouver refuge en Turquie.

"C'est fini, j'en ai assez. Personne ne devrait devoir vivre avec ce type de peur au ventre. Comment mes enfants pourraient-ils dormir si nous ne partons pas", déclarait Abou Alaa, un habitant d'Azaz âgé d'une quarantaine d'années.

"Mon mari et mon fils aîné sont restés derrière. L'un surveille notre boutique et l'autre se bat. Mais nous avons dû partir, nous savons qu'Assad tuera les femmes et les enfants", expliquait Samia, entièrement voilée de noir, en partant avec cinq enfants.

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