NOUVELLES

Tunisie: une ONG dénonce la gestion douteuse de l'argent public

15/08/2012 08:38 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

L'Association tunisienne pour la transparence financière (ATTF) a dénoncé dans un communiqué mercredi la "gestion douteuse de l'argent public" par le gouvernement dominé par les islamistes, estimant que ses méthodes opaques rappellent les pratiques du régime déchu.

"Au vu de la multiplication d'actes aléatoires qui nous rappellent les pratiques de l'ancien régime, notre association se trouve offensée par la légèreté avec laquelle nos gouvernants gèrent les biens et l'argent du contribuable", souligne l'association.

L'ATTF cite à titre d'exemple le projet d'octroi à la société Qatar Petroleum d'une raffinerie "de gré à gré, sans appel d'offre, sans respect des lois en vigueur ni des règles de concurrence loyale".

Mi-juillet, le Qatar et la Tunisie ont signé un protocole d'accord sur ce point.

"Un accord de principe a été signé. Des négociations sont en cours", a dit mercredi à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Investissement et de la coopération internationale, Chokri Mahjoub, ajoutant ne pas "pouvoir répondre" concernant la nécessité d'un appel d'offre international au préalable.

L'ATTF relève aussi un manque de transparence concernant la rémunération des élus tunisiens à l'Assemblée nationale constituante (ANC), une sujet qui a fait scandale dans la presse tunisienne.

Elle a également accusé le parti du président Moncef Marzouki, le Congrès pour la République (CPR), d'avoir "dépensé l'argent du contribuable" sans "présenter les justificatifs", reprenant des critiques formulées dans un rapport de la Cour des comptes sur les dépenses de campagne du parti.

La corruption et le népotisme sous le régime déchu font partie des causes de la révolution de 2011 qui a chassé le président Zine El Abidine Ben Ali. Les proches de son épouse, les Trabelsi, sont accusés d'avoir placé l'économie sous coupe réglée.

alf/cnp

PLUS:afp