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Tunisie: des salafistes empêchent la tenue d'un spectacle comique

15/08/2012 10:16 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

Des militants islamistes radicaux ont empêché mardi soir la tenue d'un spectacle d'un célèbre comique dans le nord de la Tunisie, a indiqué mercredi l'intéressé et le ministère de la Culture qui, dénonçant une atteinte à la liberté d'expression, s'est pourvu en justice.

Le ministère indique dans un communiqué que "l'attaque par des personnes associées à la mouvance salafiste de la maison de la culture Bayrem Ettounsi dans la ville de Menzel Bourguiba" a empêché la tenue du spectacle de Lofti Abdelli titré "100% halal".

"Ce genre d'agissements constituent une atteinte à la liberté d'expression et une menace dangereuse pour le droit à la culture", poursuit la même source, précisant que "ses services compétents se sont pourvus en justice".

Le comique a pour sa part indiqué à la radio Mosaïque FM que l'imam de la ville avait appelé à empêcher le spectacle, accusant M. Abdelli d'offenses à l'islam.

"Des +barbus+ se sont présentés à mon spectacle (...) ils ont posé leurs tapis de prière dans la salle de spectacle le matin et ont dit qu'ils allaient prier toute la journée ici", a-t-il raconté.

"Les forces de l'ordre étaient là et nous ont dit qu'elles n'avaient reçu aucun ordre pour intervenir", a poursuivi Lofti Abdelli.

"J'ai eu peur, je ne suis pas superman. J'étais là pour faire passer une bonne soirée et rire et pas pour me battre", a-t-il conclu.

Les salafistes avaient déjà attaqué en juin une exposition d'art dans la banlieue de Tunis la jugeant insultante pour l'islam, provoquant des violences dans plusieurs régions et l'introduction d'un couvre-feu.

Le parti islamiste Ennahda, qui dirige la coalition au pouvoir, a condamné cette attaque mais l'opposition estime qu'il manque de fermeté à l'égard des militants fondamentalistes.

Des ONG et des opposants dénoncent aussi un projet de loi rédigé par Ennahda qui prévoit des peines de prison ferme pour "les atteintes au sacré".

Deux jeunes tunisiens ont par ailleurs été condamnés en juin à de lourdes peines de prison pour trouble à l'ordre public et atteinte à la morale après avoir publié sur Facebook des caricatures du prophète Mahomet.

mh-alf/feb

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