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Tirs près des bureaux du 1er ministre, attentat visant l'état-major à Damas

15/08/2012 11:17 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

Une fusillade a éclaté mercredi près des bureaux du Premier ministre à Damas, où un attentat à la bombe revendiqué par les rebelles a visé une réunion d'officiers de l'armée dans un bâtiment de l'état-major.

L'ONU a estimé que les groupes armés rebelles étaient responsables de crimes de guerre, mais à une moindre échelle que le pouvoir, tandis que Moscou appelait l'Occident à arrêter "d'inciter l'opposition à poursuivre la lutte armée".

Alors que la Syrie entre dans le 18e mois d'une révolte qui s'est militarisée face à la répression, faisant plus de 23.000 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les dirigeants du monde musulman doivent annoncer dans la soirée s'ils suspendent la Syrie de l'Organisation de la conférence islamique (OCI).

L'OSDH a signalé un accrochage dans le quartier de Mazzé à Damas après des tirs de roquettes en direction des bureaux du Premier ministre et d'un bâtiment en construction de l'ambassade d'Iran.

Selon télévision officielle, "les services spécialisés ont attaqué un repaire de terroristes-mercenaires (...), tuant un nombre indéterminé d'entre eux et en capturant d'autres".

Une journaliste de l'AFP sur place a entendu une fusillade à proximité des bureaux du Premier ministre, et vu de la fumée noire, une fourgonnette de l'armée équipée d'une mitrailleuse et des militaires effectuant des contrôles d'identité.

Avant cet accrochage, la capitale syrienne a été secouée par une explosion à O8h00 (05h00 GMT). Selon un militaire, il s'agissait d'un attentat qui a fait cinq blessés.

La bombe était placée à l'arrière d'un camion-citerne, dont la cuve a été éventrée, selon une journaliste de l'AFP. Plusieurs véhicules militaires étaient calcinés ainsi que les murs de l'immeuble mitoyen.

Les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) ont revendiqué cette attaque en expliquant qu'elle visait une "réunion de militaires dans un bureau de l'état-major général".

"Cette opération vise à remonter le moral de l'ASL et à dire à Bachar al-Assad et à son commandement que nous pouvons mener des opérations bien étudiées car nous savons ce qui se passe dans leurs rangs", a dit à l'AFP le commandant Maher al-Nouaïmi, un responsable de l'ASL en Syrie.

Ailleurs dans la capitale, les troupes gouvernementales ont lancé un assaut sur plusieurs quartiers où subsistent des poches rebelles, a rapporté l'OSDH, organisation basée en Grande-Bretagne qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins.

Dans le nord du pays, un bombardement aérien de l'armée contre Azaz, près d'Alep, a fait plus de 20 morts, selon l'OSDH.

A Alep, où rebelles et troupes syriennes se livrent une guerre ouverte depuis près d'un mois, un nouveau front s'est ouvert dans le quartier Ouwayja (nord-est). Les combats ont commencé vers 10H30 (07H30 GMT) a indiqué un journaliste de l'AFP sur place, évoquant des bombardements terrestres et aériens sur le quartier.

De durs combats ont également eu lieu à Salaheddine, dont les autorités ont affirmé avoir repris le contrôle il y a quelques jours. Selon une source sécuritaire, les rebelles sont à la lisière de ce quartier emblématique.

La prochaine cible des troupes, selon cette source, est le quartier d'al-Soukkari, où les rebelles disposent de nombreuses armes et de munitions.

"La stratégie, c'est de les harceler jusqu'à l'épuisement plutôt que de mener de grandes opérations" dans cette ville dont certaines rues étaient jonchées de dizaines de cadavres de rebelles ou de soldats, a ajouté cette source.

A La Mecque, premier lieu saint de l'islam en Arabie saoudite, les dirigeants du monde musulman doivent annoncer mercredi soir s'ils suspendent ou non la Syrie de l'OCI, imitant ainsi la Ligue arabe, qui a suspendu la Syrie fin 2011.

La Russie, partenaire de longue date du régime syrien, a appelé l'Occident à respecter l'accord conclu fin juin à Genève sur les principes d'une transition politique en Syrie.

"Il faut que tout les acteurs extérieurs fassent pression sur toutes les parties syriennes et arrêtent d'inciter l'opposition à poursuivre la lutte armée", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Moscou et Pékin ont déjà bloqué plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant le régime du président Assad.

Depuis mars 2011, les forces gouvernementales syriennes et les milices des Chabbiha (pro-régime) ont commis des crimes contre l'humanité, en particulier des meurtres et des tortures, dénonce un nouveau rapport de la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie, qui accuse également l'opposition armée de crimes de guerre mais à moindre échelle.

L'Algérien Lakhdar Brahimi, dont Damas a approuvé la candidature pour succéder à Kofi Annan comme médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, veut obtenir le soutien formel du Conseil de sécurité de l'ONU avant d'accepter, selon des diplomates.

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