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L'Équateur se prononcera jeudi sur la demande d'asile du fondateur de WikiLeaks

15/08/2012 07:56 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

QUITO, Équateur - Le gouvernement équatorien a affirmé mercredi que les autorités britanniques avaient menacé d'entrer de force dans l'ambassade d'Équateur à Londres pour arrêter le fondateur de WikiLeaks, qui a demandé l'asile politique dans ce pays d'Amérique du Sud.

Le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patino, a déclaré que l'Équateur annoncerait jeudi matin sa décision quant à la demande de Julian Assange. Il s'est réfugié dans l'ambassade d'Équateur le 19 juin pour échapper à son extradition en Suède, où il est recherché en lien avec des allégations d'inconduite sexuelle.

Devant les journalistes à Quito, M. Patino a déclaré que l'Équateur avait reçu du Royaume-Uni «une menace écrite prévenant que les autorités pourraient donner l'assaut sur notre ambassade» si Julian Assange n'est pas remis aux forces de l'ordre.

Il a ajouté que la menace avait été formulée par écrit au ministère équatorien des Affaires étrangères, et verbalement à l'ambassadeur équatorien en poste à Londres.

L'Équateur «rejette dans les termes les plus énergiques la menace explicite» du gouvernement britannique, a dit M. Patino.

Dans un communiqué diffusé tard mercredi soir, le Foreign Office britannique précise avoir «attiré l'attention des Équatoriens sur les dispositions de notre loi», notamment les règles qui régissent le statut juridique des missions diplomatiques au Royaume-Uni.

«Nous avons l'obligation d'extrader M. Assange et il convient que nous présentions à l'Équateur le portrait complet de la situation», affirme le communiqué. «Nous sommes toujours engagés à trouver une solution mutuellement acceptable.»

Des analystes en Équateur doutent que les autorités britanniques aient vraiment l'intention de prendre l'ambassade d'assaut.

Selon Julio Echeverria, professeur à l'université de sciences sociales FLACSO de Quito, le Royaume-Uni «a une longue tradition de respect des missions diplomatiques», qui sont considérées comme un territoire souverain en vertu du droit international.

Un ancien ambassadeur d'Équateur à Londres, Mauricio Gandara, refuse de croire à la menace des autorités britanniques, «parce que si l'asile est accordé (à Julian Assange), le gouvernement britannique ne le laissera pas partir et M. Assange pourrait rester dans l'ambassade très longtemps.

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