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Les autorités tentent de ramener le calme à la mine de Marikana

15/08/2012 08:42 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

La police et les dirigeants de la mine de Marikana (nord-ouest de l'Afrique du Sud) tentaient mercredi de rétablir le calme parmi les mineurs grévistes, après l'éruption de violence intersyndicale qui a fait dix morts depuis dimanche.

La mine de platine, exploitée par la société Lonmin près de la ville de Rustenburg, était toujours à l'arrêt mercredi matin. Près de 3.000 hommes étaient rassemblés sur une colline près du site, la plupart armés de bâtons, de barres de fer ou de machettes.

"Ecoutons-nous mutuellement. Nous sommes ici pour parler", lance un représentant de la mine en fanagalo, une langue véhiculaire forgée dans les mines sud-africaines au fil des décennies, mélange d'anglais et de diverses langues africaines.

Deux hélicoptères des forces de l'ordre survolent les lieux, empêchant les journalistes, tenus à l'écart à près de 200 mètres, d'entendre l'essentiel des propos des policiers et des dirigeants de la mine qui s'adressent aux grévistes par hauts-parleurs.

"La situation est tendue et imprévisible, nous sommes sur le qui-vive", admet le porte-parole de la police, Dennis Adriao, affirmant que des "négociations" sont en cours avec les ouvriers.

L'accès à la township où vivent les familles des mineurs est également bouclé par les forces de l'ordre.

Les incidents ont commencé vendredi lorsque des centaines de mineurs de fond ont lancé une grève sauvage. Certains, encouragés par le petit syndicat AMCU, réclamaient 12.500 rands par mois (1.250 euros), soit plus qu'un triplement de leur salaire actuel de 4.000 rands (400 euros).

Des affrontements ont alors éclaté entre partisans de la puissante Union nationale des mineurs (NUM) et ceux de l'AMCU, une organisation née d'une dissidence de la NUM.

L'AMCU a recruté en promettant de négocier d'énormes augmentations salariales, visiblement irréalistes. Sa campagne de recrutement a été décrite par de nombreux mineurs et responsables syndicaux comme frôlant souvent l'intimidation.

Le NUM, pour sa part, est l'un des piliers de la confédération syndicale Cosatu, associée au pouvoir au sein du gouvernement mené par le Congrès national africain (ANC).

Les deux syndicats affirment être victimes de ces actes de violence. Parmi les dix morts, deux gardes de sécurité ont été tués par une bombe lancée sur leur voiture et deux policiers lynchés à coup de machettes par les mineurs. Trois grévistes ont été abattus par les policiers agressés, les autres ont été tués à l'arme blanche.

La dernière victime en date est un homme retrouvé mort mardi à une centaine de mètres de la colline où les mineurs sont regroupés. Il était allongé sur le dos, le crâne d'un animal posé sur sa poitrine, selon l'agence de presse sud-africaine Sapa.

Lonmin, soupçonnée de n'avoir pas suffisamment protégé ses employés, a rejeté toutes les accusations: "Je ne connais aucune société qui ait la compétence pour affronter des actes aussi pervers", a déclaré Barnard Mokwena, un porte-parole.

L'arrêt de la production porte un nouveau coup au secteur sud-africain du platine, déjà affecté par la crise. Le pays possède 87% des réserves mondiales de ce métal, notamment utilisé dans la fabrication des pots d'échappement catalytiques.

Le secteur minier est le plus grand employeur privé en Afrique du Sud, et possède l'une des populations actives les plus syndiquées dans le monde.

sk-cpb/liu/jb

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