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Élections: polémique au Québec autour d'un projet de charte de la laïcité

15/08/2012 04:40 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

L'annonce de l'introduction d'une "charte de la laïcité" par le Parti québécois (PQ, indépendantiste), en cas de victoire aux législatives du 4 septembre, a déclenché mercredi une violente polémique au Québec.

Cette mesure semble viser en priorité certaines minorités religieuses, dont les musulmans: les fonctionnaires devraient ainsi s'abstenir de porter tout signe religieux ostensible selon le texte.

"On a permis que des signes religieux très visibles puissent être portés, par exemple le foulard, dans des institutions correctionnelles. Cela ne sera plus possible", a expliqué la dirigeante du PQ Pauline Marois.

On ne pourra plus non plus se présenter le visage voilé pour utiliser les services publics, a-t-elle poursuivi.

Ce ne sont pas les musulmans qui ont protesté, mais le maire catholique de la ville de Saguenay (est), Jean Tremblay, qui fait réciter des prières au conseil municipal.

Il a lancé une attaque personnelle contre la candidate du PQ Djemila Benhabib, qui avait présenté la charte mardi.

"Ce n'est pas la charte comme telle (qu'il critique), c'est de voir qu'il arrive une personne --je ne suis même pas capable de prononcer son nom--, d'Algérie, qui ne connaît pas notre culture, rien, mais c'est elle qui va dicter les règles", s'est emporté M. Tremblay sur la chaîne de télévision publique Radio-Canada.

"Je sais à quel point les Québécois sont mous. Ils vont tous plier devant elle", a-t-il poursuivi.

M. Tremblay a affirmé que Pauline Marois voulait enlever les crucifix à l'Assemblée nationale et dans les mairies - considérés comme faisant partie de l'identité québécoise, leur présence est autorisée -, bien qu'aucune mesure en ce sens ne figure dans le communiqué du Parti québécois.

"Ce sont des propos complètement inacceptables et irresponsables, il devrait s'en excuser", a immédiatement réagi Pauline Marois.

Le PQ n'a pas précisé quels symboles religieux - tels, par exemple, le crucifix porté en pendentif, la kippa juive ou le turban sikh - risquaient d'être interdits.

Le Canada suit la politique d'"accommodements raisonnables", autrement dit de tolérance vis à vis de besoins découlant de l'identité ethnique ou religieuse de différents groupes de citoyens.

amch/via/bdx

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