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Élections jour 15: le crucifix de l'Assemblée nationale sème la controverse

15/08/2012 12:09 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Le crucifix qui trône paisiblement derrière le fauteuil du président de l'Assemblée nationale a déchaîné les passions, mercredi, sur fond de débat sur la laïcité de l'État.

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a ouvert le bal en matinée, laissant entendre, dans une entrevue radiophonique à l'animateur Paul Arcand, que la candidate du Parti québécois dans Trois-Rivières, Djemila Benhabib, n'était pas vraiment québécoise et qu'elle n'avait pas à imposer ses vues sur la place de la religion au Québec.

«Je n'aime pas que ces gens-là viennent ici pour établir leurs règles», a laissé tomber sèchement le maire Tremblay, se défendant bien d'être xénophobe. M. Tremblay est un défenseur de la prière en ouverture des séances du conseil de sa municipalité.

La chef péquiste, Pauline Marois, qui avait annoncé la veille son projet de Charte de la laïcité, en compagnie de sa candidate dans Trois-Rivières, n'a pas tardé à réagir pour réclamer des excuses du maire de Saguenay, jugeant ses propos inacceptables.

Auteure d'origine algérienne vivant au Québec depuis 1997, Mme Benhabib se bat contre l'intégrisme musulman et prône la laïcité de l'État. Mardi, elle avait laissé entendre qu'elle aimerait voir disparaître le crucifix de l'Assemblée nationale, tout en disant se ranger derrière la position de son parti, qui favorise plutôt le statu quo sous prétexte de respecter le passé religieux du Québec.

Invitée à commenter la sortie du maire Tremblay, Mme Benhabib a refusé de croiser le fer avec lui.

En ce 15e jour de campagne électorale, le chef libéral Jean Charest avait d'autres chats à fouetter, se présentant pour la troisième fois depuis deux semaines dans sa circonscription de Sherbrooke, qui pourrait bien lui échapper le 4 septembre, si on se fie aux derniers sondages.

«Il y a une longue liste de gens qui ont fait des prédictions sur mon avenir et la liste va simplement s'allonger», a-t-il dit aux journalistes de la région qui lui demandaient ce qu'il entendait faire pour renverser la vapeur.

S'il est réélu pour un quatrième mandat, son gouvernement imposerait 10 heures de bénévolat par année aux jeunes du 5e secondaire. Il compte aussi faire en sorte de faciliter les rencontres avec des entrepreneurs pour favoriser la transmission de valeurs de passion et d'entrepreneuriat.

De son côté, à Saint-Jérôme, le Parti québécois a annoncé son intention d'électrifier les transports collectifs.

La Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault propose quant à elle un nouveau régime volontaire d'épargne retraite, qui serait administré par la Régie des rentes du Québec (RRQ).

Selon lui, les citoyens sont devenus méfiants envers les firmes qui s'engagent à faire fructifier l'épargne des contribuables. «Quand on sait au Québec ce qui est arrivé avec les Vincent Lacroix, les Earl Jones et compagnie, je pense qu'on n'est pas prêts à retrouver la confiance de la population à l'égard des entreprises qui investissent les fonds des citoyens», a expliqué M. Legault.

Ce dernier s'est fait traiter d'arriviste par l'ex-premier ministre Bernard Landry, qui lui reproche de céder à ses ambitions personnelles et de renier ses engagements passés envers la souveraineté du Québec, dans l'espoir de prendre le pouvoir.

Le chef de la CAQ, auparavant fougueux défenseur de la souveraineté, a dit la semaine dernière qu'il voterait pour le camp du non, s'il y avait un nouveau référendum.

«Je suis vraiment bouleversé par l'attitude de François Legault», qui était à l'époque «un indépendantiste ardent», a confié M. Landry à La Presse Canadienne.

Frustré de ne pas avoir été invité à participer aux débats des chefs, le chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, a dit espérer mercredi avoir accès à un temps d'antenne équivalent aux autres chefs par un autre moyen.

M. Aussant, seul représentant de son parti à l'Assemblée nationale et candidat dans Nicolet-Bécancour, a déposé une requête en injonction pour obtenir le droit de participer aux débats des chefs dans le cadre de la présente campagne électorale.

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