NOUVELLES

Des experts de l'ONU accusent le régime syrien de crimes de guerre

15/08/2012 10:43 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

GENÈVE - Les forces du président syrien Bachar el-Assad et les milices chabiha ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, notamment à Houla, a déclaré mercredi la commission internationale indépendante d'enquête sur la Syrie, dans son rapport au Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Ces conclusions suggèrent que le conflit échappe de plus en plus à tout contrôle en Syrie. Le document note une évolution du conflit «vers des méthodes plus brutales et de nouvelles capacités militaires dans les deux camps».

Les experts tiennent le régime et les milices chabiha responsables du meurtre d'une centaine de civils, dont une cinquantaine d'enfants, en mai dans le village de Houla, dans le centre-ouest du pays. Ils estiment que cette campagne aveugle de meurtres, de torture, de violences et d'attaques «dénote l'implication au plus haut niveau des forces armées et de sécurité ainsi que du gouvernement».

L'insurrection armée s'est également livrée à des exécutions sommaires et à actes de torture, mais à moindre échelle et moins souvent, juge la commission.

L'opposition syrienne estime que plus de 20 000 personnes ont été tuées depuis le début de l'insurrection contre le régime syrien, en mars 2011.

La commission indépendante chargée d'enquêter sur les exactions en Syrie n'a presque pas pu se rendre sur place. Seul son président a été autorisé à se rendre à Damas. La plus grande partie du rapport, qui couvre la période allant du 15 février au 20 juillet 2012, a été réalisée grâce à des entretiens sur place et à Genève avec des réfugiés. Les experts ont mené 1062 entretiens, mais soulignent que leur incapacité à se rendre en Syrie a limité leurs travaux.

La commission, dirigée par le diplomate brésilien Paulo Sergio Pinheiro, comprend aussi l'Américaine Karen Koning, ex-commissaire générale de l'UNRWA, la principale agence onusienne d'aide aux réfugiés palestiniens. Un troisième membre a quitté la commission.

Le rapport pourrait être utilisé par la communauté internationale pour justifier un renforcement des mesures contre la Syrie ou étayer les demandes d'enquête internationale et de poursuites pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

PLUS:pc