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La justice australienne rejette l'extradition du nazi Zentai vers la Hongrie

15/08/2012 10:56 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

La justice australienne a définitivement rejeté mercredi l'arrêté d'extradition vers la Hongrie de Karoly Zentai, un Australien d'origne hongroise de 90 ans poursuivi pour crime de guerre à Budapest pendant l'époque nazie.

Karoly Zentai figure sur la liste des "dix criminels nazis les plus recherchés" du Centre Simon Wiesenthal, qui traque les anciens nazis à travers le monde et qui a évoqué "une conclusion lamentable" à une longue procédure.

Mais la Haute cour, dont les décisions sont définitives, a estimé qu'il ne pouvait être extradé car la notion de crime de guerre n'existait pas en Hongrie à l'époque des faits.

M. Zentai est soupçonné d'être l'un des trois soldats hongrois qui ont torturé et tué Peter Balazs, un jeune juif de 18 ans, le 8 novembre 1944 à Budapest. Il était à l'époque soldat dans l'armée hongroise, alliée du régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale.

"Je suis bouleversé", s'est exclamé le vieil homme dans un entretien à la chaîne de télévision ABC à Perth (sud-ouest) après l'annonce de la Haute cour. "J'ai été si stressé, surtout ces derniers jours, alors maintenant je ne sais même plus ce que je ressens".

Arrivé en Australie en 1950, Karoly Zentai, qui a anglicisé son prénom en Charles, a récusé toutes les accusations, assurant qu'il avait déjà quitté la Hongrie au moment des faits et démentant avoir jamais été nazi.

Budapest avait demandé son extradition après des accusations émises par le Centre Simon Wiesenthal, selon lesquelles il avait fui l'Allemagne après la guerre en se faisant passer pour un réfugié.

Arrêté en 2005, Karoly Zentai était en liberté sous caution depuis décembre 2009. Le gouvernement australien avait approuvé son extradition en 2009, mais la mesure avait été annulée en première instance en 2010, puis en appel en 2011.

Pour le Centre Simon Wiesenthal, la décision de la Haute cour apporte "une conclusion lamentable aux efforts entièrement infructueux de l'Australie pour conduire devant la justice n'importe lequel des nombreux criminels de guerre nazis qui ont trouvé refuge dans le pays".

"Aujourd'hui est une triste journée pour l'Australie et pour la justice, et avant tout pour les victimes des nazis, leurs familles et ceux qui s'identifient à leur souffrance", a précisé le directeur du Centre en Israël, Efraim Zuroff, dans un communiqué.

Denis Barich, avocat australien de M. Zentai, s'est inquiété mercredi qu'"on pense que M. Zentai n'est pas poursuivi pour une raison de procédure alors que ce n'est qu'une petite partie des raisons qui font que cette affaire n'aurait jamais dû aller aussi loin".

M. Zentai s'est dit prêt à répondre aux questions d'enquêteurs hongrois qui feraient le déplacement en Australie.

Certaines voix se sont élevées après la décision de la Haute cour pour évoquer un changement des procédures d'extradition qui limitent, selon elles, pour des raisons purement techniques, la possibilité de juger un crime présumé.

L'Australie a jugé des criminels de guerre japonais entre novembre 1945 et avril 1951. Depuis, aucune procédure judiciaire visant un criminel de guerre, ni aucune procédure d'extradition concernant des cas similaires n'a abouti.

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