OTTAWA - Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a changé d'avis sur l'octroi de 2 millions $ à un organisme canado-syrien pour fournir une aide médicale en zone de conflits.

Selon ce qu'a appris La Presse Canadienne, M. Baird a demandé à son personnel de trouver une autre façon de fournir cette aide à la Syrie.

En visite en fin de semaine en Jordanie, le ministre a annoncé que l'organisme Secours canadien pour la Syrie (Canadian Relief for Syria) recevrait 2 millions $ afin de livrer des fournitures médicales aux gens pris au coeur du conflit meurtrier dans ce pays du Proche-Orient.

Le groupe avait indiqué que l'argent servirait à obtenir des fournitures pour son réseau de médecins et d'infirmières sur le terrain.

Mais une source gouvernementale affirme que M. Baird craint qu'une partie des fonds soit utilisée à d'autres fins.

«L'objectif de ces fonds est d'aider les gens en Syrie qui ont été directement ciblés par le régime Assad. L'aide ne servira pas à la construction d'entrepôts ou d'autres infrastructures», a indiqué cette source.

Plus tôt dans la journée, le ministre avait fait valoir que l'argent devait contribuer à des soins de base de toute urgence pour des gens réprimés par le régime de Bachar al-Assad.

Un porte-parole de l'organisme canado-syrien s'est dit choqué par la volte-face du ministre, faisant valoir que personne n'avait laissé croire que l'argent servirait à autre chose que des fournitures médicales et de l'équipement. «Peut-être qu'ils ont envoyé un courriel ou quelque chose, mais personne au gouvernement ne nous a parlé de cette décision», a dit Momtaz Almoussly.

M. Almoussly n'a pas voulu commenter davantage, disant avoir besoin de temps pour connaître ce qui s'était passé.

Des informations plus tôt mercredi avaient laissé entendre que le groupe canado-syrien avait été choisi pour sa capacité à assurer que les forces de l'opposition reçoivent les soins.

Mais les médecins sur le terrain n'allaient pas refuser des soins à quiconque, avait affirmé M. Almoussly en entrevue mercredi, avant que la décision soit prise de retirer le financement.

«Le centre de soins, quand il reçoit un patient, ne demande pas s'il s'agit d'un civil, s'il est de gauche ou de droite», avait-il affirmé.

En conférence de presse en début de semaine, le premier ministre Stephen Harper avait défendu le choix de cet organisme par le gouvernement canadien.

M. Almoussly a dit ne pas comprendre comment on avait pu croire que les réseaux de l'organisme dirigeraient spécifiquement l'aide aux groupes rebelles.

Plus tôt dans la journée, le ministre Baird avait nié qu'une partie de cette aide serve à financer les rebelles qui tentent de chasser le régime de Bachar al-Assad. La totalité de l'aide fournie par le Canada à la Syrie va à l'achat de fournitures médicales, avait tenu à assurer le ministre des Affaires étrangères.