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Jean Charest veut rendre obligatoire le bénévolat chez les jeunes

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JEAN CHAREST
PC

UPTON, Qc - La campagne électorale est «chaudement disputée», a reconnu Jean Charest, mercredi, de passage une nouvelle fois dans sa circonscription de Sherbrooke où le Parti québécois lui souffle au cou.

Depuis deux semaines, le chef libéral s'est arrêté à trois reprises dans sa circonscription de l'Estrie, le même nombre de fois qu'il l'avait fait en 2008 pendant toute la durée du périple électoral.

M. Charest affronte l'ancien député bloquiste Serge Cardin sous les couleurs du Parti québécois, et de l'avis d'observateurs locaux, sa réélection est loin d'être acquise.

Un coup de sonde publié en début de campagne dans le quotidien La Tribune attribuait une nette avance à M. Cardin.

En conférence de presse, M. Charest a tenté de minimiser ses apparentes difficultés dans sa circonscription.

Il rappelé qu'il s'était souvent retrouvé dans le rôle du négligé à Sherbrooke et qu'il avait, à chaque occasion, fait mentir les analystes lui prédisant la défaite.

«Il y a une longue liste de gens qui ont fait des prédictions sur mon avenir et la liste va simplement s'allonger», a-t-il dit aux journalistes de la région qui lui demandaient ce qu'il entendait faire pour renverser la vapeur.

En entrevue à la radio locale et plus tard en conférence de presse, le leader du Parti libéral du Québec (PLQ) a dû admettre que les sondages d'opinion ne lui sont pas favorables.

«Je ne suis pas bon dans les sondages. Ma spécialité ce n'est pas les sondages», a-t-il fait valoir, ajoutant que «dès le départ, on savait que nous aurions une campagne chaudement disputée».

Dans cette campagne dont l'issue est incertaine, le leader libéral ne voit rien de mal à recourir aux publicités négatives pour discréditer ses vis-à-vis du Parti québécois (PQ) et de la Coalition avenir Québec (CAQ) aux yeux des électeurs.

Depuis mardi, le PLQ diffuse deux de ces capsules: l'une dépeint le chef caquiste François Legault comme un individu «pas fiable» et l'autre montre Pauline Marois en contre-plongée sur le balcon du château Dufresne à Montréal en train d'haranguer des militants souverainistes.

«On ne se gêne pas pour parler directement aux Québécois sur les enjeux de la campagne électorale. Moi, à mes yeux à moi, c'est très important que les gens sachent de quoi il en retourne. D'un côté, M. Legault nous fait la démonstration qu'il n'est pas fiable et dans le cas de Mme Marois, elle a choisi la rue et les référendums et elle nous en fait aussi la démonstration», a expliqué M. Charest.

Du reste, «on n'a pas de leçon à recevoir sur des campagnes négatives alors que nos adversaires ne font que ça depuis les dernières années», a-t-il soulevé.

Au jour 15 de la campagne électorale, M. Charest a fait une annonce en matière d'éducation. Si les libéraux sont reconduits au pouvoir le 4 septembre, les écoliers de 5e secondaire devront accomplir 10 heures de bénévolat dans le cadre de leur formation.

Le chef libéral a précisé que la mesure vise à développer, chez les jeunes, les valeurs d'entraide et de solidarité sociale.

Le bénévolat obligatoire est inscrit au programme scolaire d'autres provinces canadiennes, comme l'Ontario, de même qu'aux États-Unis. Il figure aussi au programme de certains parcours scolaires au Québec.

Les libéraux souhaitent également mettre les jeunes du 4e et 5e secondaire en contact avec les entreprises et le monde des affaires.

Ainsi, un gouvernement libéral rendrait obligatoire, dans le programme scolaire, un cour de «sensibilisation à l'entrepreneuriat», dans l'espoir de créer une nouvelle génération d'entrepreneurs prêts à prendre la relève.

Plus tard, la caravane libérale a fait un arrêt à Magog pour la visite d'un vignoble où une militante, Gisèle Pothier, a remis à M. Charest une prière passablement «hardcore».

«Seigneur, je réclame le sang de Jésus sur notre gouvernement, sur M. Charest et sur le Parti libéral», pouvait-on lire sur le manuscrit qu'elle a distribué à tous les journalistes en cette journée de polémique sur la présence du crucifix à l'Assemblée nationale.

Aux côtés de Mme Pothier, un homme âgé, se présentant comme un libéral de longue date, a vertement dénoncé la candidate péquiste de Trois-Rivières, Djemila Benhabib, qui a dit souhaiter le retrait du crucifix du Salon bleu, au nom de la laïcité de l'État.

«C'est une étrangère qui veut venir dilapider notre patrimoine. Essayez de faire ça en Algérie pour voir, vous allez vous faire lapider», a-t-il dit.

En soirée, le chef libéral a clôturé sa 15e journée de campagne avec une allocution prononcée devant environ 200 militants réunis dans une installation agricole d'Upton, dans la circonscription de Johnson.

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