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HRW dénonce le harcèlement d'avocats de militants détenus aux Emirats

15/08/2012 11:28 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

Human Rights Watch (HRW) a dénoncé mercredi le harcèlement dont sont victimes les avocats défendant des militants détenus aux Emirats arabes unis, dont certains ont été arrêté à leur tour récemment, estimant que cela compromettait tout jugement équitable des opposants.

Dans un communiqué, l'organisation de défense des droits de l'Homme souligne que depuis mars 2012, les autorités des Emirats ont arrêté 51 personnes, "dont deux avocats de renom défendant les droits de l'Homme", sous le prétexte que "leurs appels pacifiques à la réforme menacent la sécurité nationale".

Les autorités cherchent à "priver les détenus de toute assistance légale", et "les avocats employés par le seul cabinet émirati qui leur offre assistance ont été arrêtés, expulsés et intimidés", déplore l'organisation basée à New York.

HRW souligne que le 8 août, les autorités de l'immigration de Dubaï ont arrêté un avocat égyptien, Sameh Muktar, travaillant pour l'avocat émirati Abdel Hamid al-Kumaiti "et l'ont informé qu'il allait être expulsé".

L'organisation déplore que le cabinet de Me Kumaiti, qui défend les détenus, soit soumis à "un harcèlement et des intimidations".

Les autorités avaient déjà expulsés en 21011 deux avocats égyptiens travaillant pour ce cabinet, et arrêté le 17 juillet Salim Hamdoun al-Shehhi, un avocat émirati qui collabore également avec Me Kumaiti, selon HRW.

"Les arrestations et le harcèlement d'avocats de la défense (...) rendront impossibles des procès équitables pour les détenus", affirme HRW.

La plupart des militants arrêtés sont islamistes, et deux avocats et défenseurs des droits de l'Homme, Mohammed al-Roken et Mohammed Mansouri, vice-président du groupe islamiste Al-Islah, figurent parmi eux.

Le 15 juillet, les autorités avaient annoncé le démantèlement d'un groupe pour complot contre la sécurité de l'Etat, sans préciser le nombre de personnes arrêtées ou leur appartenance politique.

Fin juillet, le chef de la police de Dubaï, Dhahi Khalfane, avait accusé les Frères musulmans de chercher à renverser les monarchies du Golfe et affirmé que les militants arrêtés pour complot avaient fait allégeance au guide de la confrérie.

La fédération des Emirats arabes unis, l'un des pays les plus riches du monde, a été épargnée par la vague de contestation populaire qui a secoué le monde arabe.

bur/at/cnp

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