LONDRES (Royaume-Uni), 15 août 2012 (AFP) - La Grande-Bretagne s'est déclarée mercredi "déterminée" à extrader Julian Assange vers la Suède où il est accusé de viol et d'agression sexuelle, alors que l'Equateur doit annoncer jeudi s'il accorde l'asile politique au fondateur de WikiLeaks.

"Le Royaume-Uni a l'obligation légale d'extrader M. Assange vers la Suède pour y être interrogé sur des accusations d'agressions sexuelles et nous restons déterminés à remplir cette obligation", a affirmé un porte-parole du Foreign Office.

Julian Assange, un Australien de 41 ans, est accusé par la justice suédoise de viol et d'agression sexuelle. Depuis le 19 juin, il est réfugié à l'ambassade d'Equateur à Londres, où il a déposé une demande d'asile politique, pour éviter son extradition vers la Suède.

Le fondateur de WikiLeaks dit redouter d'être transféré dans un second temps aux Etats-Unis pour y répondre d'espionnage après la divulgation par son site de 250.000 télégrammes diplomatiques américains.

L'Equateur annoncera jeudi à 12h00 GMT sa décision concernant la demande d'asile politique faite par Julian Assange, a déclaré mercredi le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patino, lors d'une conférence de presse à Quito.

Le ministre a estimé que l'ambassade d'Equateur à Londres, où M. Assange est réfugié depuis le 19 juin, pourrait être prise d'assaut si l'Australien n'est pas remis aux Britanniques en vue de son extradition vers la Suède, où la justice veut le juger pour viol et agression sexuelle.

"Ils pourraient prendre d'assaut notre ambassade si l'Equateur ne livre pas Julian Assange", a déclaré M. Patino.

Londres pourrait justifier une telle intervention par une loi de 1987 sur les statuts des locaux consulaires et diplomatiques qui permet de lever l'immunité d'une ambassade sur le sol britannique.

Le porte-parole de WikiLeaks Kristinn Hrafnsson a déclaré que la menace d'une intervention dans l'ambassade équatorienne à Londres était "extrêmement sérieuse" et que les avocats d'Assange rejetaient sa légalité.

Un appel à manifester devant l'ambassade a été lancé sur le réseau social Twitter. Elle est située dans le quatier chic londonien de Kensington.

Une dizaine de policiers étaient présents mercredi soir devant l'ambassade, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une porte-parole de WikiLeaks Sarah Harrison a par ailleurs été aperçue entrant dans le bâtiment.