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Elliot Lake: le commissaire affirme que le mandat n'est pas de jeter le blâme

15/08/2012 11:22 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

ELLIOT LAKE, Ont. - Le commissaire de l'enquête sur l'effondrement dans un centre commercial à Elliot Lake, en Ontario, a rappelé mercredi que son mandat n'est pas de jeter le blâme, mais plutôt de déterminer les circonstances précises de la tragédie.

Paul Bélanger a reconnu que cette distinction peut constituer une source de frustration pour les gens qui veulent trouver des coupables dans cette affaire. Des pénalités ou sanctions pourraient suivre, mais pas dans le cadre de l'enquête publique, a-t-il expliqué aux résidants.

Une partie du toit du centre commercial Algo s'est effondrée, le 23 juin, entraînant la mort de deux femmes et blessant environ 20 personnes.

Lors d'une rencontre informelle, mercredi, avant les débuts des audiences de la commission d'enquête, des citoyens ont expliqué à M. Bélanger que le centre commercial était un point central dans leur vie, non seulement pour effectuer des achats mais également en tant que lieu d'échanges sociaux.

Selon les témoignages, toutefois, l'accident a également provoqué la destruction de 60 pour cent des espaces commerciaux de la ville, dont plusieurs magasins à bas prix. Des résidants ont par ailleurs déclaré que de nombreux jeunes avaient perdu leur emploi.

M. Bélanger a pour sa part offert ses condoléances aux résidants de la municipalité dans le cadre de cette rencontre informelle, en affirmant que la tragédie avait «ébranlé tous les Ontariens et tous les Canadiens».

Pour Gary Gendron, dont la fiancée Lucie Alwyn, âgée de 37 ans, a été retrouvée morte dans les ruines du centre commercial, le sentiment de perte n'a fait que s'accroître.

«C'est plus difficile maintenant que ce ne l'était lorsqu'ils ont retiré son corps des décombres le 27 juin», a-t-il déclaré après la rencontre informelle.

«Je prends désormais davantage conscience qu'elle ne reviendra pas à la maison.»

M. Gendron devait rencontrer le commissaire en privé, tout comme des proches de l'autre victime, Doloris Perizzolo, qui était âgée de 74 ans.

Le député néodémocrate provincial Michael Mantha, a prononcé un discours sur le rôle central que jouait le centre commercial dans la vie des résidants de la région, et affirmé que la question la plus pressante était de savoir si la tragédie aurait pu être évitée.

D'autres se sont demandé pourquoi rien n'avait été fait plus tôt pour régler divers problèmes connus du centre commercial, laissant entendre que des ennuis de toit fuyant et d'escalier mécanique défectueux étaient bien connus.

S'exprimant par voie de communiqué, l'entreprise propriétaire du centre commercial Algo, Eastwood Mall, a dit ne pas être au courant de problèmes structurels qui auraient pu mener à l'effondrement «surprise» du toit.

Le commissaire a affirmé que son équipe et lui veulent entendre les résidants sur les impacts de l'incident du 23 juin. Il a fait valoir que ces récits aideront la commission d'enquête à accomplir son mandat.

Néanmoins, les résidants devront patienter au moins un an pour obtenir des réponses — une fois que la commission aura dévoilé ses conclusions.

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