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Bernard Landry croit qu'un référendum pourrait avoir lieu rapidement

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Bernard Landry | Caroline d'Astous

Même si l'appui à la souveraineté stagne sous les 40%, l'ex-premier ministre Bernard Landry croit que l'élection du Parti québécois pourrait mener le Québec à un référendum au cours de son premier mandat.

«Six mois avant le référendum de 1995, nous étions à 40% d'intentions de vote en faveur de la souveraineté, a rappellé l'ancien chef du PQ (2001-2005) lors d'un entretien lundi avec Le Huffington Post Québec. Quand on en fait la promotion, l'appui à l'indépendance remonte très vite vers le niveau de la victoire.»

Le référendum de 1995 avait recueilli 49,4% des voix en faveur de la souveraineté du Québec. Un récent sondage place l'appui à l'indépendance à 36%.

Bernard Landry a publié une lettre au mois de janvier dernier pour dénoncer le principe de «gouvernance souverainiste», mis de l'avant par le PQ de Pauline Marois, soit la volonté d'arracher plus de pouvoirs à Ottawa. Sans nommer sa successeure - avec qui ses relations sont tendues -, Bernard Landry avait dit préférer une stratégie plus volontariste.

«Le premier geste vital que le PQ doit poser, c'est de renouer clairement avec sa raison d'être, et l'esprit du programme voté en 2005 après 'la saison des idées'. Son objectif numéro un doit être l'indépendance nationale: notre 'coffre à outils pour régler nos autres problèmes', comme le martelait si bien René Lévesque», écrivait-il à l'époque.

Aujourd'hui, Bernard Landry croit que sa lettre, jumelée à l'intervention de Jacques Parizeau, a incité Pauline Marois à abandonner le concept de gouvernance souverainiste. «On n'en a plus jamais entendu parler, avez-vous remarqué?»

Bernard Landry affirme que la volonté actuelle de Pauline Marois de faire un référendum «au moment opportun» est similaire à sa stratégie élaborée en 2005, alors que le PQ promettait un référendum le plus rapidement possible au cours d'un premier mandat. «Le plus rapidement possible, c'est le moment opportun, évidemment», dit-il.

Il rappelle que le PQ a créé en février dernier un Comité sur la souveraineté chargé d'analyser les stratégies à mettre en place afin que le Québec accède à la souveraineté.

Toutefois, Bernard Landry précise que la tenue ou non d'un référendum lors d'un premier mandat dépendra de la conjoncture. «Si le temps est opportun, dit-il, ça peut arriver.»

Trahi par Legault

L'ex-premier ministre est revenu sur la fondation de la Coalition avenir Québec (CAQ) par son ancien ministre péquiste François Legault. Il s'est dit profondément déçu par le fait que la CAQ met la question de la souveraineté en veilleuse pour une période de dix ans. «[François Legault] était le plus ardent des indépendantistes, rappelle-t-il. Il nous poussait constamment à aller plus vite et plus loin. Ça a été une surprise et une déception profonde pour moi de voir que non seulement il n'est plus au Parti québécois, mais qu'en plus il affirme qu'il voterait non à un référendum.»

Bernard Landry ne croit toutefois pas que François Legault voterait non lors d'un référendum. «J'ai peine à le croire, dit-il. Si les circonstances étaient favorables et le moment opportun, j'imagine que François Legault, que j'ai connu indépendantiste forcené, ne pourrait pas aller voter non.»

En 2005, François Legault a publié le budget hypothétique de l'an 1 d'un Québec souverain. Il prévoyait des économies de plusieurs milliards de dollars par année. «Et François Legault est comptable! Pourrait-il nous expliquer où est l'erreur comptable?», s'est insurgé Bernard Landry.

Il affirme s'être senti trahi par le changement d'allégeance du chef de la CAQ et de François Rebello. «Ils ont travaillé contre moi pendant 2-3 ans parce que je n'allais pas assez vite vers la souveraineté. Je ne veux pas employer de mots injurieux parce qu'il ne faut pas faire ça en démocratie. Mais si je pouvais, j'aurais des mots assez durs.»

Mercredi, Bernard Landry n'a pas été aussi réservé envers son ancien ministre au cours d'une entrevue avec la Presse canadienne. Il a notamment qualifié François Legault d'«arriviste rongé par l'ambition».

Pire gouvernement de l'histoire

Bernard Landry n'a pas été plus tendre envers le premier ministre Jean Charest. «Ce gouvernement est le pire que j'ai vu de ma vie, dit-il, et même de l'histoire du Québec.» L'ex-premier ministre a ensuite décliné une liste de litanies contre le gouvernement Charest, citant notamment le dossier des gaz de schiste, le scandale des garderies, la défusion de Montréal et le Plan Nord.

«Le Plan Nord pourrait être intéressant s'il était mis en place avec plus de scrupules pour l'environnement et une meilleure répartition des richesses», dit-il. Bernard Landry estime qu'en plus de redevances plus élevées, le gouvernement du Québec devrait exiger une participation au capital dans les entreprises impliquées, de même qu'une transformation des ressources naturelles au Québec.

Sans surprise, Bernard Landry se dit confiant que le PQ remportera les élections générales provinciales le 4 septembre prochain. Il note toutefois que le parti fait face à une division du vote souverainiste en raison de la présence de Québec solidaire et d'Option nationale. Si le PQ est élu, Bernard Landry estime que les forces souverainistes devront s'unir afin de promouvoir la cause souverainiste.

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