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Au moins 23 personnes, dont un bébé, tuées dans un raid de l'armée syrienne

15/08/2012 06:27 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

AZAZ, Syrie - Des avions de combat de l'armée syrienne ont mené deux séries de bombardements mercredi sur la ville rebelle d'Azaz, à une cinquantaine de kilomètres au nord d'Alep, blessant de nombreux civils, dont une majorité de femmes et d'enfants. Selon des militants de l'opposition, plus d'une vingtaine de personnes ont été tuées.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a affirmé que 23 personnes avaient perdu la vie dans les raids aériens à Azaz, qui ont aussi fait plus de 200 blessés. Un militant de la ville joint par téléphone, Mohammed Nour, a déclaré que 25 personnes avaient été tuées.

Ces bilans n'ont pas pu être confirmés de source indépendante. Des journalistes de l'Associated Press présents sur place ont vu au moins neuf corps, dont celui d'un bébé, et des dizaines de blessés.

Les bombardements ont semé la panique parmi les résidants de la ville. Il y a eu tellement de blessés que l'hôpital local a verrouillé ses portes, demandant aux blessés de prendre la route pour se rendre à la frontière turque, à quelques kilomètres au nord.

Un homme a été sorti vivant des débris d'une maison. «Dieu est grand! Dieu est grand!» criaient des résidants en l'aidant à se libérer. L'homme a ensuite été allongé sur une couverture, avant d'être transporté vers une camionnette.

Tout près, une femme était assise sur un amas de briques qui constituait autrefois sa maison, tenant dans ses bras un bébé mort. Deux corps étaient allongés au sol près d'elle, recouverts par des draps. Elle criait et lançait des pierres à une équipe de télévision qui tentait de la filmer.

«J'ai vu l'avion arriver et des missiles tomber, et ensuite il y a eu de la fumée partout», a raconté Mohammed Fuad, 18 ans, qui vit près du lieu visé par les attaques. «Quand la fumée s'est dissipée, nous avons entendu des cris et nous avons vu des débris partout dans les rues.»

Une dizaine de rebelles armés de mitrailleuses sont accourus sur les lieux. À un certain moment, un homme s'est mis à crier, provoquant la panique des résidants, qui croyaient que les avions militaires revenaient pour mener d'autres attaques. Il s'agissait finalement d'une fausse alerte.

Ces attaques se sont produites le jour de la publication d'un rapport de l'ONU qui accuse les forces du président syrien Bachar el-Assad et les milices chabiha d'avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, notamment dans le village de Houla au mois de mai. Plus de 100 civils, dont la moitié étaient des enfants, avaient été tués dans ce village.

Le premier avion de chasse est apparu dans le ciel d'Azaz à la fin de la journée et a largué des bombes sur la ville, créant d'épais nuages de fumée. Des familles terrifiées se sont précipitées dans les rues. Peu après, un deuxième avion est arrivé et a tiré une nouvelle charge explosive qui a ébranlé le centre-ville.

Les explosions ont causé des dommages bien au-delà des lieux visés par les bombardements. Une quinzaine de maisons ont été réduites en débris. Des citoyens sont accourus et ont commencé à creuser les gravats pour secourir les survivants. Ils ont rapidement trouvé un homme aux vêtements déchirés et aux membres couverts de sang.

La plupart des blessés ont été transportés en voiture vers la frontière turque. Les gens rassemblés sur les lieux des explosions ont pris à partie les journalistes étrangers présents, condamnant la communauté internationale pour ne pas être intervenue militairement dans la guerre civile en Syrie.

Les bombardements ne semblaient pas viser de cible rebelle en particulier, mais l'un des lieux bombardés se trouve à environ un kilomètre d'un bureau politique et médiatique des rebelles.

Dans la capitale syrienne, un camion-citerne piégé a explosé mercredi devant un hôtel où séjournent des observateurs de l'ONU, blessant au moins trois personnes, selon la télévision officielle syrienne.

La déflagration a légèrement endommagé le Dama Rose Hotel, fracassant quelques fenêtres. Aucun des blessés n'est lié à l'ONU, a précisé le ministre adjoint des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad. L'attentat n'a pas été revendiqué.

Des membres de l'opposition ont par ailleurs affirmé que l'armée syrienne et les rebelles s'étaient affrontés mercredi près du siège du gouvernement et de l'ambassade d'Iran à Damas.

Maath al-Shami, un militant présent dans la zone, a rapporté que des nuages de fumée s'élevaient derrière le bâtiment en construction de l'ambassade d'Iran. L'actuelle ambassade d'Iran et le siège du gouvernement syrien sont situés tout près, a-t-il précisé. «Nous avons entendu des tirs et des explosions pendant un moment», a déclaré le militant.

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