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Attentat visant l'état-major syrien près de l'hôtel de l'ONU à Damas

15/08/2012 05:52 EDT | Actualisé 15/10/2012 05:12 EDT

Les rebelles ont revendiqué mercredi un attentat visant une réunion d'officiers syriens dans un bâtiment de l'état-major situé à proximité de l'hôtel où loge la délégation de l'ONU dans le centre de Damas.

L'attentat à la bombe qui a fait cinq blessés, selon un militaire sur place, s'est produit dans un parking de l'état-major. Un officier a expliqué que l'explosion s'était produite à O8H00 (O5H00 GMT) au moment où "des recrues faisaient leurs exercices physiques et recevaient leurs instructions, comme chaque jour".

Selon une journaliste de l'AFP, la bombe était placée à l'arrière d'un camion citerne, dont la cuve était éventrée. Plusieurs véhicules militaires étaient calcinés ainsi que les murs de l'immeuble mitoyen du Syndicat des ouvriers. Des fenêtres étaient également brisées.

Les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) ont revendiqué cette attaque, expliquant qu'elle visait une "réunion de militaires dans un bureau de l'état-major général où sont décidées les opérations du jour à Damas".

L'attentat "a été planifié par des experts pour que deux explosions aient lieu à 08H05 (05H05 GMT) durant la réunion d'officiers, de sous-officiers et de chabbiha (miliciens pro-régime) où sont décidées les opérations du jour à Damas", a dit à l'AFP le commandant Maher al-Nouaïmi, chef du bureau de coordination du commandement de l'ASL en Syrie.

Selon lui, il y a sur place un dépôt de carburant, de munitions et d'armes qui approvisionnent les unités de la capitale.

"Cette opération vise à remonter le moral de l'ASL et à dire à Bachar al-Assad et à son commandement que nous pouvons mener des opérations bien étudiées car nous connaissons ce qui se passe dans leurs rangs", a-t-il ajouté.

Aucun membre de l'ONU, dont l'hôtel se trouve à proximité, n'a été touché. "Nous remercions Dieu qu'aucun d'entre eux n'ait subi le moindre préjudice tout au long de leur présence en Syrie", a déclaré à la presse le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Moqdad.

Ailleurs dans la capitale, les troupes gouvernementales ont lancé l'assaut sur plusieurs quartiers où subsistent des poches rebelles, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A Alep, l'autre grand front syrien, dans le nord, l'armée, appuyée par des hélicoptères, bombardait plusieurs quartiers, notamment Salaheddine, un bastion rebelle dont l'armée a dit avoir repris le contrôle, selon l'OSDH.

Une source sécuritaire a affirmé à l'AFP que les insurgés étaient à la lisière de ce quartier emblématique et que l'armée occupait la moitié de Seif Al-Dawla, un autre bastion rebelle.

La prochaine cible des troupes, selon cette source, est le quartier d'al-Soukkari où les rebelles disposent de nombreuses armes et de munitions.

"La stratégie c'est de les harceler jusqu'à l'épuisement plutôt que de mener de grandes opérations" dans cette ville dont certaines rues étaient jonchées de dizaines de cadavres de rebelles ou de soldats, a ajouté cette source.

Au moins dix personnes ont péri mercredi dans les violences à travers la Syrie, selon l'OSDH.

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à une révolte qui s'est militarisée face à la répression et a fait plus de 23.000 morts, dont 1.300 enfants, selon l'OSDH, une organisation basée en Grande-Bretagne qui tire ses informations d'un réseau de militants et de témoins.

A La Mecque, premier lieu saint de l'islam en Arabie saoudite, les dirigeants du monde musulman, réunis depuis mardi, doivent annoncer mercredi soir s'ils suspendent ou non la Syrie de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), une décision déjà prise par la Ligue arabe fin 2011.

Damas dispose toutefois d'alliés de poids dans cette organisation, notamment l'Iran --porte-drapeau du chiisme, dont sont issus les alaouites auxquels appartient M. Assad, au sein de cette instance majoritairement sunnite-- qui a déjà fait savoir qu'il s'opposait à toute suspension.

Selon le général Martin Dempsey, plus haut gradé américain, les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite iranienne, forment actuellement une milice pro-régime, composée de "Syriens généralement chiites, pour certains alaouites".

A Genève, Ahmad Fawzi, porte-parole de M. Annan, a indiqué que Damas avait approuvé la candidature de l'Algérien Lakhdar Brahimi à sa succession.

Ce diplomate de 78 ans, ancien envoyé de l'ONU en Afghanistan et en Irak, veut toutefois obtenir le soutien formel du Conseil de sécurité de l'ONU avant d'accepter, selon des diplomates.

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius entame mercredi une tournée en Jordanie, au Liban et en Turquie, trois pays qui accueillent plus de 250.000 réfugiés syriens.

Dans le même temps, le rapport de la commission d'enquête indépendante sur les droits de l'Homme en Syrie doit être rendu public à Genève au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

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