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Attentat près de l'hôtel de l'ONU à Damas visant l'état-major de l'armée

15/08/2012 04:07 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

Les rebelles syriens ont revendiqué mercredi un attentat visant une réunion d'officiers dans un bâtiment de l'état-major situé à proximité de l'hôtel logeant la délégation de l'ONU dans le centre de Damas.

"Un engin explosif collé à une citerne de mazout a explosé près de l'hôtel Dama Rose, faisant selon les premières informations trois blessés", a indiqué la télévision d'Etat en précisant que l'explosion avait eu lieu près d'un bâtiment appartenant à l'état-major général, dans un quartier résidentiel en plein centre de la capitale.

Aucun membre de l'ONU n'a été touché, selon la chaîne.

Les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) ont revendiqué cette attaque, expliquant qu'elle visait une "réunion de militaires dans un bureau de l'état-major général où sont décidées les opérations du jour" dans la capitale.

Maher al-Nouaïmi, chef du bureau de coordination du commandement de l'ASL en Syrie, a affirmé à l'AFP que "150 personnes, dont 10 officiers qui sont en charge de réprimer les manifestations à Damas" participaient à cette réunion.

Des ambulances se sont dirigées vers le lieu de l'explosion où un cordon de sécurité a été établi par les forces de l'ordre, a constaté une journaliste de l'AFP.

Ailleurs dans la capitale, les troupes gouvernementales ont lancé l'assaut sur plusieurs quartiers où subsistent des poches rebelles, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A Alep, l'autre grand front syrien, dans le nord, l'armée, appuyée par des hélicoptères, bombardait plusieurs quartiers, notamment Salaheddine, un bastion rebelle dont l'armée a dit avoir repris le contrôle, selon l'OSDH.

De violents combats faisaient également rage entre soldats et rebelles dans la métropole, poumon économique du pays, et dans sa région, selon l'OSDH.

Le régime du président Bachar al-Assad est confronté depuis mars 2011 à une révolte qui s'est peu à peu militarisée face à la répression et qui a fait plus de 23.000 morts en 17 mois à travers le pays, dont 1.300 enfants, selon l'OSDH, une organisation basée en Grande-Bretagne et qui tire ses informations d'un réseau de militants et de témoins.

A La Mecque, premier lieu saint de l'islam en Arabie saoudite, les dirigeants du monde musulman, réunis depuis mardi en sommet extraordinaire, doivent annoncer mercredi soir s'ils suspendent ou non la Syrie de l'Organisation de la conférence islamique (OCI). Une décision déjà prise par la Ligue arabe fin 2011.

Le projet de communiqué final, dont l'AFP a obtenu une copie, justifie cette suspension par l'échec du plan de paix de l'émissaire Kofi Annan, qui a démissionné début août, et par "l'obstination des autorités syriennes à suivre l'option militaire".

Damas dispose toutefois d'alliés de poids dans cette organisation, notamment l'Iran, porte-drapeau du chiisme --dont sont issus les alaouites auxquels appartient le président Assad-- au sein de cette instance majoritairement sunnite, qui a déjà fait savoir qu'il s'opposait à une telle suspension.

Le secrétaire américain de la Défense Leon Panetta a par ailleurs accusé Téhéran de tenter de "former une milice pour le compte du régime".

Selon le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite de la République islamique, forment cette milice, composée de "Syriens généralement chiites, pour certains alaouites".

A Genève, Ahmad Fawzi, porte-parole de M. Annan, a indiqué que Damas avait approuvé la candidature de l'Algérien Lakhdar Brahimi à sa succession.

Ce diplomate de 78 ans, ancien envoyé de l'ONU en Afghanistan et en Irak, veut toutefois obtenir le soutien formel du Conseil de sécurité de l'ONU avant d'accepter la mission, selon des diplomates.

Alors que la communauté internationale est divisée sur un règlement du conflit syrien, Russes et Chinois s'opposant notamment à toute résolution de l'ONU condamnant leur allié syrien, le journal du Parti communiste chinois au pouvoir a accusé l'Occident d'être responsable de l'échec de la mission de M. Annan.

"Des pays occidentaux n'ont jamais renoncé à leur objectif de renverser le régime en Syrie et ont, de façon constante, renforcé leur soutien aux forces antigouvernementales", écrivait mercredi le Quotidien du Peuple, alors qu'une émissaire du président Assad, Bouthaina Chaabane, est attendue dans ce pays.

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius entame mercredi une tournée en Jordanie, au Liban et en Turquie, trois pays qui accueillent plus de 250.000 réfugiés syriens ayant fui les violences.

Dans le même temps, le rapport de la commission d'enquête indépendante sur les droits de l'Homme en Syrie doit être rendu public à Genève au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

bur-sbh/sb

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