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Uruguay - Lugano, monument de la Celeste, au placard au PSG

14/08/2012 06:39 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

Diego Lugano vit une situation paradoxale: dans la sélection de l'Uruguay, qui affronte la France en amical mercredi au Havre, il est capitaine, idole et monument de la Celeste, alors qu'au Paris SG il est au placard, a perdu son crédit et sa place de titulaire.

Sous le maillot national, c'est ce robuste défenseur (1,88 m, 84 kg) à bouclettes qui avait soulevé la dernière Copa America avec le brassard de capitaine. Sous les couleurs du PSG, ce joueur, présenté comme un nettoyeur des surfaces à son arrivée à Paris fin août 2011, a accumulé boulettes et contre-performances, a perdu sa place de titulaire et a fait figure d'erreur de casting la saison dernière.

Dans son pays natal, c'est l'incompréhension. Signe de sa popularité là bas, ce fut un évènement quand Lugano a fait le trajet entre Paris et Londres le 30 juillet pour aller soutenir la sélection olympique (où il n'avait pas été retenu). La photo du joueur, en chemisette, accompagnant ses compatriotes en survêtements bleu ciel jusqu'au train en partance pour Cardiff, un des sites des JO pour le football, est passée partout en Uruguay.

Lorsqu'il donne une interview dans son pays, la première question est souvent "n'est-ce pas étrange pour vous de ne pas être une idole à Paris ?".

Fidèle à son image de gendre idéal, le joueur répond toujours qu'il y a des avantages à son anonymat en France, comme le fait de "pouvoir aller à l'aéroport sans être arrêté toutes les cinq minutes" pour des autographes, comme il l'expliquait récemment à Ovacion, supplément sport d'El Pais, journal uruguayen de référence.

"La Tota", surnom affectueux qui ne veut rien dire en particulier, assure se satisfaire de son temps de jeu aléatoire en club (12 matches de L1 la saison passée, 21 toutes compétitions confondues). "Je suis à une étape de ma vie où je ne vais pas m'énerver d'être remplaçant deux ou trois matches de suite", explique-t-il. Lugano dit même apprécier de ne pas jouer 60 matches par saison comme il a pu le faire à Fenerbahçe, son précédent club. Et d'avouer qu'il jouait parfois en Turquie en serrant les dents avec les pépins physiques qui s'accumulaient.

"A 31 ans, jouer autant ne serait pas bien pour moi", souligne le défenseur, qui ajoute que la concurrence au PSG lui permet de rester "vigilant". "C'est important d'avoir de nouveaux défis qui vous forcent à rester vous entraîner une heure de plus".

Mais le défi tournera-t-il à la mission impossible ? Le PSG a recruté cet été Thiago Silva, international brésilien qui jouait à l'AC Milan, considéré comme un des meilleurs défenseurs axiaux sur le marché. Carlo Ancelotti, entraîneur du PSG, veut faire de la paire Thiago Silva-Alex son verrou.

Pendant que Thiago Silva était aux JO, avec la Seleçao, la paire axiale Alex-Sakho ne s'est pas montrée à son avantage, le "Tank" Alex présentant un blindage défaillant que ce soit en amical contre le Barça ou lors du premier match de L1 contre Lorient (2-2).

Lugano a-t-il encore un coup à jouer ? Le PSG compte-t-il encore sur lui ? La presse uruguayenne s'est fait le relais de l'intérêt suscité par le joueur auprès de clubs tels que Fluminense au Brésil (Lugano a joué à Sao Paulo par le passé) ou encore River Plate en Argentine.

Lugano, lui, répète, qu'il veut faire partie du projet PSG, et "devenir champion avec ce club", comme il l'a été dans ses précédentes formations. Les dernières heures du mercato estival, qui se termine en France le 4 septembre, seront sans doute décisives pour lui.

pgr/jfm

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