NOUVELLES

Une cour reporte la vente des activités de moteurs d'Aveos à Lufthansa

14/08/2012 12:22 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Une cour québécoise a reporté à la semaine prochaine la vente des activités d'entretien de moteurs d'Aveos pour donner le temps au syndicat de ses anciens employés et à un courtisan malheureux une occasion de mettre en doute le caractère équitable de la proposition de vente à Lufthansa Technik.

«Après ce qui s'est passé aujourd'hui, je crois que c'est la meilleure issue et cela nous donnera une chance de rétablir la situation», a déclaré le président et directeur de district de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l'aérospatiale (AIMTTA), Chuck Atkinson.

L'AIMTTA et la société de Vancouver MTU Aero Engines ont contesté la transparence et le caractère équitable du processus de vente, ainsi que la véracité d'un rapport soumis à la cour par le chef de la restructuration.

«Il y a beaucoup de désinformation émanant du chef de la restructuration et plusieurs choses ont besoin d'être clarifiées afin que nous puissions procéder sur une base raisonnable», a ajouté M. Atkinson.

Les avocats représentant le syndicat des machinistes et MTU Aero Engines se diviseront une demi-journée, mercredi prochain, pour questionner le chef de la restructuration, Jonathan Solursh, et présenter leur dossier expliquant pourquoi Lufthansa ne devrait pas remporter la vente.

Le contrôleur, nommé par la cour, et les avocats représentant l'autre partie bénéficieront du reste du temps pour renforcer leur recommandation au juge Louis Gouin, a tranché le juge Jean-Yves Lalonde.

Environ 130 emplois à Montréal et Vancouver — pour la plupart ceux d'anciens travailleurs d'Aveos — sont au coeur du conflit.

Aveos est l'ancienne division des services techniques d'Air Canada (TSX:AC.B). Sa faillite, en mars, a entraîné la perte de 2600 emplois au Canada, dont 1800 à Montréal.

Le juge a accepté la requête pour un délai après qu'Air Canada eut accepté de reporter sa date limite de son contrat avec la société qui a remporté la mise au-delà du 15 août.

L'entente avec le transporteur comprend un contrat exclusif pour les activités de moteurs jusqu'en 2018.

Lufthansa a aussi accepté le délai.

Le syndicat fait valoir que la société allemande ne sauvegarderait pas les emplois au Canada, tandis que l'offre concurrente de MTU Aero Engines permettrait de conserver 100 emplois à Montréal et 30 autres à Vancouver.

Mais M. Sorlush estime que les deux offres «semblaient être égales» en ce qui a trait à la création d'emplois au Québec. La proposition de MTU créerait cependant aussi jusqu'à 130 emplois à Vancouver.

En outre, M. Solursh a noté que les emplois supplémentaires n'iraient probablement pas à des anciens employés d'Aveos puisque son centre en Colombie-Britannique était plutôt spécialisé dans l'entretien des structures d'avion.

Lufthansa n'a pas d'installation d'entretien au Canada, mais elle prévoit ouvrir un atelier à Montréal et employer environ 15 travailleurs pour traiter les demandes de services d'Air Canada (TSX:AC.B). La plus grande partie du travail serait transférée à ses installations d'outre-mer.

Les avocats du contrôleur et du créancier garanti Credit Suisse ont insisté pour faire valoir que l'offre soumise par Lufthansa Technik était largement supérieure à l'autre offre du point de vue financier, et qu'elle semblait égale en ce qui a trait à la création d'emplois au Québec.

Selon eux, le prix offert par MTU est environ moitié moins élevé que celui allongé par Lufthansa.

Ce prix n'a pas été dévoilé, mais MTU a confirmé en cour que son offre était de 5,2 millions $, incluant les outils d'Aveos qu'elle désirait acheter. La firme a accepté d'abandonner l'achat des outils comme condition de son offre.

Le jugement a été rendu après que 60 employés d'Aveos eurent manifesté à l'extérieur du Palais de justice de Montréal, demandant qu'au moins certains de leurs emplois soient sauvegardés, alors que se poursuit le démantèlement de la firme d'entretien insolvable.

«Nous n'allons jamais perdre espoir», a affirmé le représentant syndical Jean Poirier, candidat du Parti québécois pour les élections provinciales du mois prochain.

PLUS:pc