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Syrie: Washington "encourage" les cadres du régime à faire défection

14/08/2012 10:47 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis "encouragent" les cadres du régime syrien à faire défection en suivant l'exemple de l'ex-Premier ministre Riad Hijab, qui s'est réfugié en Jordanie pour dénoncer la répression, a indiqué mardi un haut responsable du Trésor américain.

"Les Etats-Unis encouragent d'autres responsables civils et militaires au sein du gouvernement syrien à prendre la même décision courageuse et à rejeter le régime du (président) Bachar al-Assad", a déclaré dans un communiqué David Cohen, sous-secrétaire au Trésor chargé du renseignement financier et de la lutte contre le terrorisme.

Prenant acte de la défection de M. Hijab, le Trésor a annoncé dans ce communiqué qu'il levait les sanctions prises à son encontre en le retirant de la liste noire des personnalités syriennes établie par Washington.

Mi-juillet, les Etats-Unis avaient élargi cette liste à 29 personnalités, dont M. Hijab, afin de geler leurs avoirs et faire pression sur le régime de Damas qui réprime dans le sang le soulèvement qui secoue le pays depuis mars 2011.

"Prendre des sanctions individuelles et les lever vise à encourager (les responsables, ndlr) à reconsidérer leur engagement au sein du gouvernement syrien", a explicité le Trésor dans son communiqué.

"Il n'est pas trop tard pour d'autres cadres qui continuent de soutenir le régime Assad de couper ces liens et de voir le fardeau des sanctions disparaître", a poursuivi le Trésor.

L'ancien Premier ministre syrien, qui est arrivé mercredi en Jordanie avec sa famille après avoir fait défection il y a une semaine, a affirmé que les autorités de Damas ne contrôlaient plus que 30% du pays.

Début août, un général syrien, ainsi que de 12 officiers, avaient également fait défection en se réfugiant en Turquie.

En mars, le vice-ministre du Pétrole, Abdo Hussameddine, avait été le premier responsable gouvernemental à rejoindre les rangs de l'opposition et à dénoncer "la brutalité" du régime de Damas.

Il avait été imité en juillet par le général Manaf Tlass, un haut gradé de l'armée et un ami d'enfance du président syrien. Plusieurs diplomates ont également suivi leur exemple.

"Les défections civiles et militaires au sein du régime d'Assad sont une nouvelle preuve que le gouvernement est en train de s'effondrer et qu'il perd son emprise sur le pouvoir", a commenté M. Cohen, cité dans le communiqué.

Mardi, Alep, deuxième ville de Syrie, était de nouveau le théâtre de bombardements et d'accrochages entre les rebelles et les forces gouvernementales qui menaient parallèlement des opérations d'envergure dans la capitale Damas.

Près de 17 mois après le début du soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad, les violences en Syrie ont fait plus de 23.000 morts à travers le pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une organisation basée en Grande-Bretagne.

jt/ppa/sam

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