Originale et résolument contemporaine, n'hésitant pas à troubler l'ordre établi, tout en sachant comment ne pas se prendre trop au sérieux, la nouvelle programmation de La Licorne s'annonce alléchante.

Parmi les 17 œuvres qui seront présentées sur les planches du théâtre au coin de Papineau et de Mont-Royal, notons un amalgame de créations québécoises, canadiennes, américaines et britanniques, où l'humour caustique et les coups de gueule côtoieront la légèreté et l'immaturité. « Nous avons bâti notre saison autour de la rencontre face à soi-même, de la confrontation entre deux individus et de ce qui nous permet de nous révéler aux autres », explique le directeur de l'institution, Denis Bernard.

Franchement drôles et brillantes, les Biches pensives occupent le créneau de fin d'été en partant en guerre contre la consommation et le tourisme abrutissant dans « Comment je suis devenue touriste ». L'importance accordée au paraître sera analysée dans « L'obsession de la beauté », alors qu'un homme comprendra l'erreur monumentale qu'il a commise en disant de son amoureuse qu'elle n'est « pas un pétard, mais quand même correcte ».

La pièce « Amour/Argent » tentera d'imager la spirale du surendettement et ses conséquences sur la condition humaine en démontrant qu'il vaut mieux manger son prochain si on ne veut pas se faire dévorer par lui. Après avoir reçu la commande de créer « Enfantillages », François Archambault a accouché de 16 histoires sur la parentalité. « Je me suis intéressé à la difficulté d'être parent, dans l'optique où nos enfants sont contaminés par l'extérieur, par les autres parents », précise l'auteur.

Du côté des œuvres coups-de-poing, parlons d'abord de « Chlore », une pièce inspirée de cette histoire où deux enfants de Mascouche avaient forcé une fillette à boire du chlore. « Notre personnage a aujourd'hui 17 ans et elle est tétraplégique, indique le collaborateur au texte, Nicolas Michon. Ça peut sembler lourd, mais il y a beaucoup d'humour. On a trouvé des pas pires blagues de tétraplégie. » Le théâtre documentaire sera également à l'honneur avec la pièce « Grain(s) », qui donnera le point de vue de la multinationale Mosento, « une compagnie qu'on aime haïr », dans une affaire de poursuite en justice contre un fermier saskatchewanais.

Dans « Pervers », un jeune documentariste fait courir de fausses révélations à son sujet afin de comprendre à partir de quand les monstres deviennent des montres. Le dramaturge ontarien Mansel Robinson nous arrive quant à lui avec « II (deux) », une pièce qui a de la gueule. « C'est l'histoire d'un policier blanc qui tue sa femme musulmane. Ce ne pas tout à fait une comédie musicale... », lance le traducteur, Jean-Marc Dalpé, pince-sans-rire.

Mentionnons aussi les reprises fort attendues du bijou de simplicité qu'est « Midsummer « (Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant), de l'œuvre brûlante et réconfortante qu'est Yellowmoon, de la charmante pièce « Les Mutants », ainsi que des traditionnels Contes urbains d'Yvan Bienvenue.

Tous les détails de la programmation 2012-2013 sont disponibles ici.