NOUVELLES

Poursuite des violences, la responsable de l'humanitaire à l'ONU en Syrie

14/08/2012 05:18 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

Alep, deuxième ville de Syrie, était de nouveau le théâtre mardi de bombardements et d'accrochages entre les rebelles et les forces gouvernementales qui menaient parallèlement des opérations d'envergure dans la capitale Damas.

La communauté internationale, toujours divisée sur un règlement en Syrie, où les violences ont fait plus de 21.000 morts en 17 mois, concentre ses efforts sur l'aide humanitaire aux civils.

La responsable des affaires humanitaire de l'ONU, Valérie Amos, est arrivée mardi à Damas où elle doit rencontrer le chef de la diplomatie Walid Mouallem et le président du Croissant-Rouge syrien Abdel Rahmane Attar.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius se déplacera lui de mercredi à vendredi en Jordanie, au Liban et en Turquie dans le cadre du soutien de la France aux réfugiés syriens, qui se comptent par dizaines de milliers.

En Arabie saoudite, les pays de l'Organisation de coopération islamique (OCI), divisés sur la crise syrienne à l'image de la communauté internationale, tiennent mardi un sommet à La Mecque sur ce sujet.

La réunion ministérielle préparatoire du sommet a recommandé lundi une suspension de la Syrie de l'OCI, une mesure à laquelle s'oppose l'Iran, fidèle allié de Damas.

Dix-sept mois après le début de la révolte qui s'est militarisée au fil du temps face à la répression, le régime concentre tout particulièrement ses forces sur la deuxième ville du pays, ainsi que sur la capitale.

"Des accrochages ont lieu à Seif al-Dawla et Salaheddine alors que des explosions sont entendues dans ces deux quartiers" d'Alep (nord), a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), selon qui un homme a été tué par un sniper à Salaheddine.

Par ailleurs, "les quartiers de Sahour, Hanano et Chaar (est) étaient soumis à un pilonnage de l'armée" a ajouté l'OSDH.

L'agence officielle Sana a indiqué de son côté que l'un de ses photographes avait été blessé lundi à Salaheddine où il couvrait les opérations du côté de l'armée.

L'armée est entrée lundi à Seif al-Dawla, un quartier tenu par les rebelles dans l'ouest d'Alep, quelques jours après avoir repris celui de Salaheddine, également dans l'ouest. Des poches de résistance demeurent cependant dans ce dernier quartier.

Analysant la bataille d'Alep, cruciale pour la suite du conflit, le quotidien Al-Watan, proche du pouvoir, indique que "les unités de l'armée ont adopté la tactique du grignotage au lieu de l'affontement général afin d'éviter des victimes civiles, utilisées comme boucliers humains" par les insurgés.

L'armée a lancé le 28 juillet un assaut majeur sur la grande métropole du nord, qui a été bombardée et mitraillée par des hélicoptères.

Réitérant une demande des insurgés, un combattant rebelle d'Alep, se présentant sous le nom d'Abou Ahmed, a réclamé lundi "une zone d'exclusion aérienne", comme ce fut le cas en Libye.

Les rebelles ont cependant affirmé lundi avoir abattu avec une mitrailleuse anti-aérienne un MiG 23 de l'armée dans l'est du pays, ce qui serait une première depuis mars 2011.

Un groupe d'insurgés a affirmé avoir capturé le pilote dans une vidéo mise en ligne montrant un homme affirmant avoir eu pour mission de "bombarder la ville de Mouhassane", à 400 km à l'est de Deir Ezzor.

Selon une source militaire citée par l'agence officielle, la chute de l'appareil est due à une "panne technique".

A Damas, où des affrontements très violents ont débuté à la mi-juillet, l'armée a poursuivi la campagne de perquisitions et d'arrestations entamée lundi dans le centre-ville, toujours selon l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et témoins.

Dans la province de Damas, les habitants fuyaient la localité de Qaboun de peur d'une opération des forces armées qui ont pilonné dans la nuit de lundi à mardi les localités de Daraya et de Madamiya, toujours selon l'OSDH.

Un militaire dissident a été tué à Al-Tal, une localité qui a subi de gros dégâts et dont une partie de la population a fui, indique l'ONG.

Une cinquantaine de personnes ont été tuées lundi dans la province de Damas au cours d'une journée où 160 personnes ont trouvé la mort, dont 100 civils, selon l'OSDH.

Dans le sud du pays, la forces armées encerclaient dans la province de Deraa la localité de Tafs où elles tentent de pénétrer depuis plusieurs jours. Une femme a été tuée par un sniper. Des roquettes sont tombées à Basra et Mzeireb.

Sur le plan diplomatique, un émissaire du président Assad, Bouthaina Chaabane, était attendue mardi en Chine qui, comme la Russie, a opposé son veto à toute résolution de l'ONU sanctionnant le régime syrien.

bur-vl/feb

PLUS:afp