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Ottawa: lutte de pouvoirs pour remplacer le chef d'état-major de la Défense

14/08/2012 05:07 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

OTTAWA - La lutte qui fait rage en coulisses pour le remplacement du chef d'état-major de la Défense nationale s'est retrouvée sur la place publique, mardi, révélant du même coup des points de vue souvent opposés concernant l'avenir des Forces canadiennes après la guerre en Afghanistan.

Le général Walter Natynczyk doit quitter ses fonctions au cours des prochaines semaines. La rumeur veut que le gouvernement de Stephen Harper soit prêt à recruter son successeur à l'extérieur de l'armée, et à confier le poste convoité à un officier à la retraite.

L'un des noms qui circulent le plus est celui de l'ex-lieutenant-général Andrew Leslie, qui a dirigé les Forces canadiennes jusqu'en 2010 et rédigé un important rapport recommandant un remaniement majeur de la structure de commandement militaire.

Une nouvelle publiée en ligne lundi voulant que M. Leslie ait passé une entrevue pour le poste a été réfutée par plusieurs sources bien informées 24 heures après sa publication. L'ancien lieutenant-général, qui est maintenant membre de la haute direction du Groupe CGI, n'a pas voulu commenter l'affaire.

L'autre nom évoqué est celui de l'ex-lieutenant-général de l'armée de l'air Angus Watt, qui dirige maintenant l'Administration canadienne de la sûreté des transports aériens.

Selon Douglas Bland, titulaire de la chaire d'études en gestion de défense de l'université Queen's, ces rumeurs semblent être le signe d'une lutte de pouvoirs interne alors que M. Harper tente d'aller de l'avant avec sa refonte de la Défense nationale.

La proposition de M. Leslie d'alléger la structure de commandement et de réaliser des économies d'un milliard de dollars a été saluée par les proches collaborateurs du premier ministre et les membres du gouvernement conservateur, mais accueillie froidement par les hauts dirigeants de la Défense nationale.

La structure actuelle, lourde et coûteuse, est le résultat de réformes menées par le général Natynczyk et son prédécesseur, Rick Hillier. Son démantèlement a commencé avec le budget déposé par les conservateurs ce printemps.

D'après M. Bland, si la candidature d'Andrew Leslie ou d'un autre officier retraité est retenue, cela voudra dire que les modifications apportées récemment par le chef d'état-major ne sont pas assez draconiennes au goût du bureau du premier ministre.

Il a affirmé que la participation active du bureau de M. Harper dans le choix du chef d'état-major de la Défense soulevait d'ailleurs des questions et laissait entendre que le premier ministre voulait voir de grands changements.

En juin, un comité de sélection formé de sous-ministres avait dressé une liste de candidats potentiels et mené une série d'entrevues. À l'époque, tous les aspirants étaient des officiers en service, soit l'actuel vice-chef d'état-major de la Défense, le vice-amiral Bruce Donaldson, le plus haut dirigeant du NORAD au Canada, le lieutenant-général Tom Lawson, et le commandant de la Marine royale canadienne, le vice-amiral Paul Maddison.

La nouvelle sur la possible nomination de M. Leslie au poste de chef d'état-major de la Défense a provoqué une dispute à l'interne, les partisans de l'ancien lieutenant-général accusant ses détracteurs d'avoir voulu saboté sa candidature et ces derniers reprochant à ses amis portant toujours l'uniforme de faire un peu trop sa promotion.

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