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L'ex-Premier ministre juge Assad fini; Damas veut s'occuper des déplacés

14/08/2012 03:36 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

Damas a éconduit mardi une responsable humanitaire de l'ONU en lui faisant savoir que le dossier des déplacés était du ressort du gouvernement syrien, tandis que l'ancien Premier ministre syrien, qui a fait défection, a jugé fini le régime de Bachar al-Assad.

Washington a accusé les Gardiens de la révolution iraniens de mettre sur pied une milice chiite en Syrie pour soutenir le régime Assad et combattre les insurgés.

A Genève, le porte-parole de l'ancien médiateur pour la Syrie, Kofi Annan, a indiqué que les autorités syriennes avaient approuvé la candidature de l'Algérien Lakhdar Brahimi pour lui succéder au poste d'émissaire de l'ONU dans ce pays secoué par 17 mois de violences.

L'ancien chef du gouvernement syrien, Riyad Hijab, qui a rompu avec Damas après plusieurs diplomates, hauts gradés de l'armée et parlementaires, a estimé que le régime s'était "effondré militairement, économiquement et moralement" et ne contrôlait "plus que 30%" de la Syrie, lors d'une conférence de presse à Amman où il a trouvé refuge.

Les Etats-unis ont levé les sanctions le visant et affirmé qu'ils encourageaient d'autres responsables civils et militaires "à rejeter le régime".

Face à la détérioration de la situation humanitaire, la secrétaire générale adjointe des Nations unies aux affaires humanitaires, Valérie Amos, s'est rendue à Damas où elle s'est entretenue avec plusieurs membres du gouvernement, dont le nouveau Premier ministre Waël al-Halqi.

Elle a été rudement éconduite par le secrétaire d'Etat chargé de la Réconciliation nationale, Ali Haïdar. Ce dernier a jugé que le retour de plus d'un million de déplacés dans leurs foyers n'était pas une "mission de l'ONU ni des institutions internationales" mais relevait du gouvernement syrien.

Sur le terrain, les combats se poursuivaient entre rebelles et forces gouvernementales qui concentrent leurs opérations sur les deux principales villes du pays, Damas et Alep.

Selon un journaliste de l'AFP à Alep, un sentiment anti-occidental se renforce dans les rangs des combattants, qui reprochent à l'Occident de les laisser mourir.

"Des accrochages ont lieu à Seif al-Dawla et Salaheddine et des explosions sont entendues dans ces deux quartiers" d'Alep, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), faisant état de bombardements dans les quartiers de Sakhour, Hanano et Chaar (est).

Le journaliste de l'AFP a entendu des bombardements provenant de Seif al-Dawla et de Salaheddine, un temps tenus par les rebelles, et il a vu à Bab al-Nasser (centre) un MiG tirant à trois reprises.

L'armée a lancé le 28 juillet un assaut majeur sur la métropole du nord, mitraillée notamment par des hélicoptères.

L'agence officielle syrienne Sana a indiqué que l'un de ses photographes avait été blessé lundi à Salaheddine alors qu'un journaliste de la télévision iranienne en arabe Al-Alam a été enlevé par les rebelles à Homs (centre), selon cette chaîne.

Reporters sans frontières (RSF) a exhorté l'opposition à condamner les exactions visant les journalistes alors que les médias pro-régime sont devenus la cible des rebelles.

A Damas, où des affrontements très violents ont débuté mi-juillet, l'armée a poursuivi les perquisitions et les arrestations entamée lundi dans le centre-ville, toujours selon l'OSDH qui s'appuie sur un réseau de militants et témoins.

Les militaires avançaient vers le coeur de la vieille ville "à la recherche d'armes et de jeunes militants", a expliqué un commerçant du centre-ville.

Selon un bilan provisoire de l'OSDH, 89 personnes sont mortes mardi, dont 53 civils. Les violences ont fait plus de 23.OOO morts en 17 mois selon l'OSDH.

En Arabie saoudite, les pays de l'Organisation de coopération islamique (OCI), divisés sur la crise syrienne, se réunissent mardi soir à La Mecque sur ce sujet.

Des ministres réunis lundi pour préparer le sommet ont recommandé une suspension de la Syrie de l'OCI, une mesure à laquelle s'oppose l'Iran, fidèle allié de Damas.

Toujours sur le front diplomatique, Ahmad Fawzi, porte-parole du médiateur démissionnaire de l'ONU et de la Ligue arabe, a confirmé que la Syrie avait donné son feu vert à la candidature de l'ancien ministre algérien des Affaires étrangères Lakhdar Brahimi, 78 ans, pressenti pour succéder à M. Annan.

Cependant, a-t-il ajouté, "il n'y a encore eu aucune décision, ni de ma part, ni de celle du secrétaire général de l'ONU".

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a discuté par téléphone avec plusieurs ministres des Affaires étrangères occidentaux des moyens de coordonner leur action pour accélérer le départ du président syrien.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius est attendu quand à lui de mercredi à vendredi en Jordanie, au Liban et en Turquie.

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