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Les USA dénoncent la formation par l'Iran d'une milice pro-régime en Syrie

14/08/2012 04:44 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

L'armée syrienne semble affaiblie après 17 mois de combats mais l'Iran cherche à voler au secours de Bachar al-Assad en mettant sur pieds une milice syrienne pro-régime, se sont inquiétés mardi les plus hauts responsables du Pentagone.

L'Iran "essaie de mettre sur pieds, de former une milice en Syrie pour combattre pour le compte du régime. Nous voyons une présence grandissante de l'Iran (en Syrie, ndlr) et cela nous inquiète beaucoup", a déclaré le secrétaire américain de la Défense Leon Panetta au cours d'une conférence de presse aux côtés du plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey.

"Tout ce à quoi cela va aboutir, franchement, c'est de prolonger la souffrance des Syriens", a regretté M. Panetta, selon qui "l'Iran ferait mieux de réfléchir à son implication".

La Syrie devient l'un des nombreux dossiers du contentieux entre Washington et Téhéran, dont les relations sont déjà très tendues sur la question du programme nucléaire controversé iranien et la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz.

Selon le général Dempsey, les Gardiens de la révolution iraniens forment cette milice, composée de "Syriens généralement chiites, pour certains alaouites", la minorité à laquelle appartient le président Assad.

Elle est formée sur le modèle de l'Armée du Mahdi en Irak, une puissante milice chiite dirigée par Moqtada Sadr, qui avait vigoureusement combattu les forces américaines en Irak.

Une brigade des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) a revendiqué début août l'enlèvement de 48 Iraniens, selon elle "membres des Gardiens de la révolution", armée d'élite du régime iranien. Elle a notamment exhibé leurs cartes d'identité et leurs cartes de port d'arme.

Le ministre iranien des Affaire étrangères, Ali Akbar Salehi a répliqué en soutenant qu'il s'agissait de Gardiens de la révolution et de militaires "à la retraite", des "pèlerins" partis en Syrie visiter des lieux saints chiites à Damas.

L'armée syrienne est de son côté affaiblie par les désertions et les défections d'une partie de sa hiérarchie, juge le Pentagone.

"L'armée syrienne se bat depuis près de 18 mois. N'importe quelle armée serait atteinte par un tel rythme", a estimé le chef d'état-major interarmées américain, selon qui les forces régulières syriennes connaissent des problèmes d'approvisionnement et sont affectées moralement.

"C'est pour ça que l'Iran entre dans le jeu pour former cette milice, pour enlever une partie de la pression pesant sur les militaires syriens", a expliqué le général Dempsey.

L'officier s'est montré circonspect sur l'affaire du Mig-23 syrien abattu par l'opposition, qui pourrait avoir été abattu "par des armes de petit calibre" selon lui. "Ce serait une erreur à ce stade de supposer que l'opposition dispose de missiles anti-aériens", a-t-il affirmé, rappelant que les armes lourdes faisaient toujours défaut aux rebelles.

Trois jours après des discussions à Istanbul entre la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et ses homologues sur "le soutien à apporter à l'opposition", le chef du Pentagone a une nouvelle fois exclu l'instauration d'une zone d'interdiction aérienne, qui avait été décrétée en Libye l'an passé.

"La zone d'exclusion aérienne n'est pas une priorité pour nous", a-t-il martelé.

Les Etats-Unis continuent de se concentrer sur l'assistance humanitaire aux réfugiés. Washington y a consacré 81 millions de dollars, selon M. Panetta.

Ils continuent également de "surveiller les sites d'armes chimiques et biologiques" syriens, dont la sécurité est une "source de grave préoccupation" pour Washington, qui en discute avec la Turquie, la Jordanie et Israël, a expliqué M. Panetta.

Enfin, les Etats-Unis fournissent une aide "non-létale" à l'opposition, essentiellement des moyens de communication. "D'autres pays du Golfe fournissent une assistance plus +agressive+ à l'opposition", a reconnu M. Panetta, faisant référence à l'Arabie saoudite et au Qatar.

mra/are

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