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Les parents ne transmettent pas la valeur de l'éducation, dit François Legault

14/08/2012 11:14 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

LÉVIS, Qc - Après avoir tenu des propos qui ont fait des vagues sur les jeunes qui pensent à «avoir une belle vie», le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) s'en est pris mardi aux parents qui ne transmettent pas suffisamment les valeurs d'effort et d'éducation aux enfants.

Lundi, François Legault avait dit que les jeunes semblaient plus préoccupés par la qualité de leur vie que par la création de la richesse au Québec.

Le chef de la CAQ a affirmé mardi ne pas regretter ses propos de la veille sur les jeunes.

«Je persiste et signe», a-t-il indiqué en point de presse à Lévis.

Mais il a précisé ne pas condamner les jeunes. Le blâme vise plutôt les parents.

«C'est un blâme à l'égard des valeurs que nous, comme parents, on transmet à nos jeunes», a-t-il déclaré.

«Il faut davantage transmettre aux jeunes des valeurs d'effort et de dépassement de soi», a ajouté le chef.

Bref, il faudrait revoir les valeurs de la société québécoise, que M. Legault a qualifiée de «société de consommation» dans un message envoyé peu après sur Twitter, toujours dans le cadre de ces mêmes propos.

Un tel recadrage passerait par la valorisation de l'éducation au Québec, a-t-il martelé toute la journée.

Les Québécois devraient d'ailleurs aussi s'inspirer de bon nombre d'immigrants, qui multiplient les efforts pour que leurs enfants fréquentent les meilleures écoles.

Il a aussi cité en exemple les écoles juives du Québec, où le taux de décrochage serait inférieur à un pour cent, par opposition au taux général de 20 pour cent des Québécois, selon lui.

Selon les données de Statistique Canada, entre 2007 et 2010, le Québec a eu le plus haut taux de décrochage scolaire de toutes les provinces canadiennes.

Comme la veille, François Legault a aussi parlé mardi de la réussite des étudiants asiatiques.

«Si vous avez des enfants, ils vont vous le dire, (les étudiants asiatiques) sont toujours les premiers de classe. Il y a un de mes fils qui me disait: 'oui, mais ils n'ont pas de vie'», a relaté M. Legault.

«Il y a peut-être un extrême d'un côté, mais nous, on est un peu dans certains cas, à l'autre extrême.»

Les propos tenus lundi par M. Legault ont fait l'objet de vives critiques de ses adversaires politiques, notamment la chef du Parti québécois, Pauline Marois, et Amir Khadir, de Québec solidaire.

Quant au chef libéral Jean Charest, qui ne rate plus une occasion de tirer sur M. Legault, il l'a accusé de «carburer aux préjugés sur la jeunesse québécoise».

Aucunement gêné par ses propos malgré les attaques et les débats qu'ils ont suscités à la radio et dans les médias sociaux, le chef caquiste se plait à en remettre.

Visitant une mère de famille à Beauport en lien avec son annonce sur les mesures promises pour faciliter l'achat d'une maison, il a lui-même abordé avec elle le sujet de l'importance pour les parents de valoriser l'éducation.

«Moi, quand j'étais jeune, je n'avais pas le choix: pas de télé avant d'avoir fini les devoirs», a-t-il lancé, expliquant que l'éducation était sacrée pour ses parents, à qui il accorde le crédit de sa réussite, malgré ses origines modestes.

«C'est la responsabilité des parents de s'assurer que les devoirs soient faits», a-t-il renchéri.

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