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Le régime Assad "s'est effondré", selon un ancien Premier ministre

14/08/2012 09:13 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

Le régime du président Bachar al-Assad "s'est effondré", a affirmé mardi son ex-Premier ministre Riad Hijab qui a fait défection la semaine dernière pour dénoncer la répression.

"Le régime syrien ne contrôle plus que 30% du territoire de la Syrie", a estimé M. Hijab lors d'une conférence de presse à Amman, jugeant que le régime s'est "effondré militairement, économiquement et moralement".

Sur le terrain, les combats se poursuivent entre rebelles et forces gouvernementales qui concentrent leurs opérations sur les deux principales villes du pays, Damas et Alep.

Entre-temps, la communauté internationale, toujours divisée sur un règlement en Syrie, concentre ses efforts sur l'aide humanitaire aux civils, les violences ayant fait plus de 23.OOO morts en 17 mois selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La responsable des affaires humanitaire de l'ONU, Valérie Amos, est arrivée mardi à Damas pour rencontrer le chef de la diplomatie Walid Mouallem et le président du Croissant-Rouge syrien Abdel Rahmane Attar.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, se déplacera lui de mercredi à vendredi en Jordanie, au Liban et en Turquie dans le cadre du soutien de la France aux dizaines de milliers de réfugiés syriens.

En Arabie saoudite, les pays de l'Organisation de coopération islamique (OCI), divisés sur la crise syrienne, tiennent mardi un sommet à La Mecque sur ce sujet.

La réunion ministérielle préparatoire du sommet a recommandé lundi une suspension de la Syrie de l'OCI, une mesure à laquelle s'oppose l'Iran, fidèle allié de Damas.

D'un autre côté, une émissaire du président Assad, Bouthaina Chaabane, était attendue mardi en Chine qui, comme la Russie, a opposé son veto à toute résolution de l'ONU sanctionnant le régime syrien.

Dix-sept mois après le début de la révolte qui s'est militarisée face à la répression, le régime concentre tout particulièrement ses forces sur Alep, la deuxième ville du pays, ainsi que sur la capitale.

"Des accrochages ont lieu à Seif al-Dawla et Salaheddine alors que des explosions sont entendues dans ces deux quartiers" d'Alep (nord), a indiqué l'OSDH, selon qui un homme a été tué par un tireur embusqué à Salaheddine.

Par ailleurs, "les quartiers de Sakhour, Hanano et Chaar (est) étaient soumis à un pilonnage de l'armée" a ajouté l'OSDH.

L'agence officielle Sana a indiqué de son côté que l'un de ses photographes avait été blessé lundi à Salaheddine où il couvrait les opérations du côté de l'armée alors qu'un journaliste de la télévision iranienne en langue arabe Al-Alam a été enlevé par les rebelles à Homs (centre), selon cette chaîne.

Analysant la bataille d'Alep, cruciale pour la suite du conflit, le quotidien Al-Watan, proche du pouvoir, indique que "les unités de l'armée ont adopté la tactique du grignotage au lieu de l'affontement général afin d'éviter des victimes civiles, utilisées comme boucliers humains" par les insurgés.

L'armée a lancé le 28 juillet un assaut majeur sur la grande métropole du nord qui a été mitraillée par des hélicoptères.

Les rebelles ont cependant affirmé lundi avoir abattu avec une mitrailleuse anti-aérienne un MiG 23 de l'armée dans l'est du pays, ce qui serait une première depuis mars 2011.

Un groupe d'insurgés a affirmé avoir capturé le pilote dans une vidéo mise en ligne montrant un homme affirmant avoir eu pour mission de "bombarder la ville de Mouhassane", à 400 km à l'est de Deir Ezzor.

Selon une source militaire citée par Sana, la chute de l'appareil est due à une "panne technique".

A Damas, où des affrontements très violents ont débuté à la mi-juillet, l'armée a poursuivi la campagne de perquisitions et d'arrestations entamée lundi dans le centre-ville, toujours selon l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et témoins.

Des habitants ont indiqué à l'AFP que les forces de sécurité se sont déployées dans les quartiers d'Al-Chaghour et Tabbalé dans le sud de la capitale, probablement à la recherche de militants.

Dans le quartier historique de Midane, l'armée a installé des barrages aux entrées. Des rues sont coupées à la circulation et des soldats procèdent à des contrôles d'identité, fouillant également les voitures.

Dans le sud du pays, la forces armées encerclaient dans la province de Deraa la localité de Tafs où elles tentent de pénétrer depuis plusieurs jours. Une femme a été tuée par un franc-tireur. Des roquettes sont tombées à Basra et Mzeireb.

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