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Le retour des déplacés "n'est pas une mission de l'ONU" (ministre syrien)

14/08/2012 01:27 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

Un membre du gouvernement syrien a affirmé mardi que le retour dans leur foyer des Syriens déplacés par les violences "n'est pas une mission de l'ONU", après un entretien avec la secrétaire générale adjointe des Nations unies aux affaires humanitaires, Valérie Amos.

Le secrétaire d'Etat chargé de la Réconciliation nationale, Ali Haïdar, a estimé que la "priorité" était "l'arrêt de la violence" et que le retour des Syriens déplacés dans leur lieu de résidence était "une mission du gouvernement syrien et non de l'ONU ou des institutions internationales", dans une déclaration à l'agence Sana.

"Il n'est pas possible de traiter la situation humanitaire dans n'importe quelle région sans prendre en compte la situation sécuritaire qui y prévaut et la violence qui l'entoure", a-t-il estimé.

Le Premier ministre Waël al-Halqi a fait valoir quand à lui "la capacité de la Syrie à résister, à dépasser la crise et à réaliser la réconciliation, la sécurité et la stabilité", selon Sana.

Il a souligné, a ajouté l'agence, que les sanctions économiques internationales "n'ont affecté que les Syriens innocents".

Mme Valérie Amos est arrivée mardi à Damas où elle a discuté avec plusieurs responsables syriens "de la détérioration de la situation humanitaire" causée par les violences qui ravagent le pays depuis 17 mois.

Selon le porte-parole de l'ONU à Damas Khaled al-Masri, outre MM. Haïdar et Halqi, elle a rencontré le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Moqdad.

Dans une déclaration citée par l'agence officielle syrienne Sana, elle a affirmé être venue pour prendre connaissance de l'évaluation faite par les autorités syriennes de la situation humanitaire sur le terrain.

En Syrie jusqu'à jeudi avant de se rendre au Liban, Valérie Amos doit rencontrer également des responsables humanitaires, dont le chef du Croissant rouge arabe syrien (Créas) ainsi que des familles affectées par le conflit, indique un communiqué du Bureau de la coordination de l'ONU pour les affaires humanitaires (Ocha).

En Syrie, Mme Amos espère discuter des moyens "d'apporter de façon urgente des secours et réduire la souffrance des civils pris dans les combats, et rencontrer les partenaires humanitaires".

Au Liban, où elle rencontrera des réfugiés, elle entend travailler avec le gouvernement et les agences humanitaires. Selon le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), plus 37.000 Syriens y ont trouvé refuge.

Environ deux millions de personnes ont été affectées par la crise et plus d'un million sont des déplacés alors que les combats continuent à Damas, Alep et d'autres régions, affirme l'Ocha.

Près de 158.000 Syriens ayant fui le pays vers le Liban, la Jordanie, la Turquie ou l'Irak, sont enregistrés auprès du HCR mais le nombre réel de réfugiés peut être estimé au double.

Plus de 23.000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début de la révolte en mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

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