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La grève générale à Sidi Bouzid injustifiée, selon le gouvernement tunisien

14/08/2012 08:42 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

La grève générale mardi à Sidi Bouzid, berceau de la révolution tunisienne, est "injustifiée" et les revendications sociales légitimes ne doivent pas être instrumentalisées par l'opposition, a jugé le porte-parole du gouvernement dominé par les islamistes, Samir Dilou.

"Je ne pense pas que l'appel à la grève générale soit justifié (...) je pense qu'il ne faut pas que des considérations politiques, des partis politiques entrent en jeu", a déclaré le porte-parole et ministre des Droits de l'Homme à l'antenne de la radio privée Mosaïque FM.

"On comprend les mouvements de protestations dans certaines régions compte-tenu des conditions de vie difficiles", a-t-il néanmoins ajouté, avant de promettre d'y répondre "avec beaucoup de compréhension".

Une grève générale était très suivie mardi à Sidi Bouzid pour dénoncer la répression musclée de manifestations fin juillet et la semaine dernière. Les protestataires réclamaient en particulier de meilleurs conditions de vie alors que le chômage et la pauvreté étaient déjà au coeur de la révolution de 2011.

Des membres du gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda ont accusé ces derniers jours l'opposition politique d'instrumentaliser ce mécontentement à des fins politiciennes.

La grève mardi à Sidi Bouzid a lieu à l'appel de l'UGTT, la centrale syndicale historique. Le mouvement a été soutenu par des partis d'opposition et des organisation de la société civile.

Le gouvernement est confronté à une vague de contestation croissante ces dernières semaines sur plusieurs fronts, l'opposition et la société civile dénonçant une dérive autoritaire et une tentative d'organiser une islamisation rampante de la société.

Les tensions sociales sont grandissantes et plusieurs manifestations contre la pauvreté, des coupures d'eau et des retards de salaires ont été réprimées ces dernières semaines, notamment à Sidi Bouzid.

Cette ville, située dans une région particulièrement pauvre et marginalisée, a une importance hautement symbolique, en tant que berceau de la révolution de 2011.

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