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Burundi: procès en appel d'un journaliste de RFI fixé au 28 septembre

14/08/2012 11:59 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

Le procès en appel du journaliste burundais Hassan Ruvakuki, correspondant de Radio France Internationale (RFI) condamné à la perpétuité en première instance pour "actes de terrorisme", débutera le 28 septembre dans le centre du pays, a indiqué mardi une source judiciaire à l'AFP.

"L'affaire a été fixée en date du 28 septembre" devant la cour d'appel de Gitega (centre), a annoncé à l'AFP Elie Ntungwanayo, porte-parole de la Cour suprême du Burundi. "Tous les autres prévenus dans ce procès ont également fait appel et seront tous à la barre à la même date."

Correspondant de RFI en swahili, également employé de la radio burundaise privée Bonesha FM, M. Ruvakuki avait été reconnu coupable, le 20 juin en première instance, d'avoir organisé une attaque lancée par une nouvelle rébellion à partir de la Tanzanie en novembre 2011, puis d'en avoir fait la publicité.

L'attaque avait fait des dizaines de morts à Cankuzo, dans l'est du Burundi.

"On espère que justice sera rendue cette fois à notre confrère," a déclaré le président de l'Union burundaise des journalistes (UBJ), Alexandre Niyungeko, estimant que M. Ruvakuki est en prison pour avoir fait "son travail de journaliste".

Mais "nous avons des craintes car la justice n'est pas indépendante dans ce pays", a-t-il poursuivi, jugeant que son confrère n'avait pas eu "droit à un procès équitable" en première instance.

"Ce que nous pouvons assurer, c'est que la procédure sera respectée car le juge est là pour respecter la procédure," a répondu le porte-parole de la Cour suprême.

En première instance, trois autres personnes avaient été reconnues coupables des mêmes faits que M. Ruvakuki et avaient aussi écopé de la prison à vie. Dix autres prévenus, présentés comme des combattants de la nouvelle rébellion, avaient encore été condamnés à la perpétuité, et neuf autres s'étaient vu infliger 15 ans de prison chacun pour "complicité d'actes de terrorisme".

Depuis la contestation des élections générales de 2010 par l'opposition, le Burundi vit au rythme de nouvelles violences qui font craindre la reprise d'hostilités à plus grande échelle. Le pays a déjà connu une longue guerre civile de 1993 à 2006.

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