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Après avoir blâmé les jeunes, François Legault s'en prend à leurs parents

14/08/2012 12:02 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Après avoir blâmé les jeunes la veille pour leur manque d'ambition, François Legault s'en est pris aux parents, mardi, en jugeant qu'ils ne transmettaient pas suffisamment à leurs enfants de nobles valeurs, comme le goût de l'effort et le dépassement de soi.

Pauline Marois avait plutôt choisi, de son côté, de promouvoir des valeurs de laïcité et de neutralité de l'État en matière religieuse.

Les valeurs québécoises à privilégier ont donc occupé le terrain, en ce 14e jour de campagne électorale.

Preuve de plus que le chef libéral Jean Charest prend très au sérieux la montée de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans les intentions de vote, il a réservé à son chef, François Legault, une nouvelle salve de critiques visant à le discréditer auprès de l'électorat.

Son parti, le PLQ, a d'ailleurs diffusé mardi deux nouvelles publicités négatives pour la télé, l'une énumérant toute une série de soi-disant contradictions de M. Legault, l'autre insistant sur le projet de la chef péquiste Pauline Marois de faire du Québec un pays.

Une fois de plus depuis le début de la campagne, François Legault aura donc réussi mardi à attirer l'attention avec des déclarations controversées.

Lundi, citant en exemple le côté studieux des jeunes asiatiques et leur performance scolaire, il avait déploré que la jeunesse québécoise cherchait à avoir une belle vie facile, sans fournir d'effort.

Mardi, loin de s'excuser, et malgré les critiques, il en a remis, pour s'attaquer cette fois aux parents qui ne transmettent pas à leurs enfants les valeurs de l'effort et du dépassement de soi, selon lui.

«Je persiste et je signe», a-t-il tranché, en point de presse à Lévis, rappelant l'importance à ses yeux de l'éducation pour réussir, alors qu'il annonçait un crédit d'impôt de 1000 $ aux jeunes couples avec enfant intéressés à acquérir une première maison.

En fin de journée, il en a remis une autre couche sur son compte Twitter, en déplorant que le Québec formait une société «avec beaucoup de droits et très peu de devoirs». Les commentaires de M. Legault ont d'ailleurs beaucoup fait réagir les électeurs sur les réseaux sociaux.

Il n'en fallait pas plus pour faire dire à Jean Charest, plus tôt dans la journée, que son rival se nourrissait de préjugés envers les jeunes. Les propos tenus par M. Legault sont indignes, selon lui, de quelqu'un qui aspire à devenir premier ministre.

Enfonçant le clou, M. Charest s'est plu à rappeler qu'en octobre 2011, M. Legault avait affirmé que les cégeps «étaient une maudite belle place pour apprendre à fumer de la drogue».

À Trois-Rivières, Pauline Marois préférait promouvoir les valeurs de laïcité et de neutralité de l'État, en s'engageant à faire adopter une charte qui définira les pratiques d'accommodements raisonnables.

Sa candidate dans Trois-Rivières, l'auteure Djemila Benhabib, militante anti-islamiste et apôtre de la laïcité, a divergé d'opinion avec sa chef en se disant favorable à ce que le crucifix de l'Assemblée nationale soit retiré des lieux.

Aux yeux de Mme Marois, la croix qui trône au-dessus du fauteuil du président fait partie du patrimoine du Québec et de son histoire.

De son côté, Jean Charest, qui semble menacé dans sa circonscription de Sherbrooke, selon les plus récents sondages, pourrait devoir composer avec un ancien ministre et ancien rival lors de la commission Bastarache, l'avocat de Québec Marc Bellemare, qui a indiqué qu'il songeait à se porter candidat indépendant dans le fief du premier ministre.

De passage à Québec où il a promis des investissements de 295 millions $ dans divers projets s'il est réélu, M. Charest n'a pas voulu donner trop d'importance à son ancien ministre, en disant que M. Bellemare était libre de se présenter dans Sherbrooke s'il le souhaitait.

Preuve qu'il se sent menacé par son rival péquiste Serge Cardin, M. Charest retourne faire campagne dans sa circonscription mercredi.

Le sort réservé aux partis ayant peu de ressources et peu d'appui est toujours ingrat en campagne électorale. Option nationale en sait quelque chose, alors que son chef, Jean-Martin Aussant, a déposé une demande d'injonction en vue de forcer sa participation aux débats télévisés qui auront lieu entre dimanche et mercredi prochains.

De son côté, Québec solidaire a plaidé une fois de plus pour un revenu minimum garanti à tous les citoyens, soit un revenu fixé à 12 000 $ par année.

Les écologistes se sont invités dans la campagne pour critiquer le Plan Nord et divers projets d'exploitation des ressources naturelles, tout en se gardant d'appuyer un parti ou un autre. Mais huit groupes, dont Équiterre, la Fondation David Suzuki et Greenpeace, ont noté que seul Québec solidaire avait présenté à ce jour sa plateforme sur l'environnement.

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