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Accès aux stupéfiants: une question de quelques minutes, conclut une étude

14/08/2012 03:54 EDT | Actualisé 14/10/2012 05:12 EDT

VANCOUVER - Un jeune de Vancouver peut avoir accès à des drogues dures en l'espace de dix minutes, conclut une étude qualifiée d'«étonnante» par l'un de ses principaux chercheurs.

L'étude réalisée par le Centre d'excellence sur le VIH/sida, en Colombie-Britannique, tend à démontrer que malgré des décennies de lutte contre les drogues, l'héroïne, la cocaïne, le crack, la méthamphétamine en cristaux et la marijuana sont toujours à portée de main — et ce, surtout pour les jeunes consommateurs de stupéfiants.

Le Dr Evan Wood, spécialiste en médecine interne et auteur principal de l'étude, note que les États-Unis ont déclaré la guerre à la drogue il y a 40 ans, mais que les jeunes considérés à risque n'avaient pas arrêté de consommer pour autant.

«La réalité, c'est que les drogues sont facilement accessibles, et la majorité des Canadiens n'arrivent pas à comprendre à quel point il est facile de trouver de la drogue dans les rues des villes canadiennes», a expliqué le Dr Wood.

L'étude, rendue publique mardi, a été réalisée en 2007 auprès de deux groupes. L'un était composé de jeunes âgés entre 14 et 26 ans qui avaient consommé de la marijuana et un autre type de stupéfiant au moins 30 jours auparavant; l'autre était formé de consommateurs âgés de 16 ans et plus qui s'étaient injecté des drogues au moins un mois avant le sondage.

Dans les deux cas, on demandait aux participants de répondre à la question suivante: «À quel point est-il difficile de trouver de la drogue en ce moment même dans le secteur où vous dénichez normalement vos stupéfiants?».

Les chercheurs se sont ensuite concentrés sur ceux qui disaient pouvoir obtenir de la drogue en 10 minutes, et ils ont réalisé que cette situation était vraie autant pour la marijuana que pour les drogues dures.

«C'est là, je pense, l'aspect le plus surprenant», soutient le Dr Evan Wood. «Je me trouve dans mon bureau en ce moment. Ça me prendrait probablement plus que 10 minutes pour aller m'acheter une bouteille de vin», poursuit-il.

Les résultats de l'étude n'étonnent guère le porte-parole du Service de police de Vancouver. «Je ne pense pas qu'il s'agit d'une surprise pour quiconque; si une personne est assez motivée et qu'elle sait comment mettre la main sur des drogues illégales, elle pourrait probablement le faire assez rapidement», a estimé l'agent Lindsey Houghton dans un courriel.

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