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Un opposant soudanais arrêté à nouveau juste après sa libération

13/08/2012 10:45 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

Un opposant soudanais ayant le statut de résident aux Etats-Unis, a été à nouveau arrêté ce lundi, immédiatement après avoir été libéré par un juge qui l'a acquitté de la plupart des charges pesant sur lui, a indiqué son avocat.

Le juge Abaas al-Khalifa a condamné pour trouble à l'ordre public Roudwane Daoud, qui était poursuivi pour avoir participé à des manifestations contre le régime, rejetant les autres chefs d'accusation et ordonnant sa libération après paiement d'une amende de 500 livres soudanaises (environ 100 dollars).

M. Daoud a également été condamné à plusieurs semaines de détention, correspondant au temps qu'il a déjà passé en prison.

"Quand la police l'a arrêté, il versait de l'essence sur de vieux pneus afin de les faire brûler," a fait valoir le juge.

Poursuivi pour participation à une organisation terroriste ou criminelle, le prévenu encourait cinq à dix ans de prison. Le juge a estimé qu'aucune preuve n'étayait ces accusations.

Mais au cours de son élargissement, la police l'a remis entre les mains d'agents de la sécurité d'Etat, a indiqué l'un de ses avocats à l'AFP. Les membres des services des renseignements généraux et de la sécurité d'Etat ont joué un grand rôle dans la répression des manifestations des derniers mois.

Elles avaient démarré le 16 juin à l'université de Khartoum, contre le coût de la vie, notamment de l'alimentation. Face aux mesures d'austérité prises par le président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis vingt-trois ans, les protestations s'étaient étendues, sous forme de petits rassemblements dans le pays, et des manifestants ont réclamé la chute du régime. Le calme est revenu avec le début du mois de ramamdan. Brûler des pneus était une tactique des manifestants.

Un autre accusé, Ahmed Ali, a été acquitté des mêmes charges que Daoud ce lundi.

Dix autres personnes, y compris le frère et le père de M. Daoud, avaient été libérées plus tôt pour manque de preuves.

M. Daoud est un militant de Girifna ("nous en avons assez"), mouvement non-violent dirigé par les étudiants, qui utilise les réseaux sociaux pour propager son message anti-gouvernemental et soutenir les manifestations.

Selon Girifna, M. Daud a été arrêté le 3 juillet, chez lui, après avoir aidé à organiser une manifestation dans son quartier.

Des dizaines de manifestants ont été arrêtés au Soudan et les rassemblements dispersés avec une force excessive, ont déploré dans une déclaration commune en juillet Amnesty International et Human Rights Watch.

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