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L'Iran s'oppose à une suspension de la Syrie de l'OCI (ministre)

13/08/2012 11:10 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a annoncé lundi l'opposition de son pays à une suspension de la Syrie de l'Organisation de coopération islamique (OCI).

"Je suis ouvertement contre la suspension de n'importe quel pays", a déclaré M. Salehi aux journalistes en marge de sa participation à une réunion préparatoire du sommet islamique prévu mardi à La Mecque et dominé par le conflit en Syrie.

Il était interrogé sur une suspension de la Syrie de l'OCI, sur laquelle les pays membres devront se prononcer lors de leur réunion mardi, avait indiqué à l'AFP le secrétaire général de l'Organisation de coopération islamique (OCI) Ekmeleddin Ihsanoglu.

"Suspendre un pays ne signifie pas aller vers un règlement du problème. En agissant ainsi, vous voulez éluder la question", a ajouté le ministre iranien.

En revanche, a-t-il estimé, "les pays de l'OCI doivent conjuguer leurs efforts pour résoudre le problème d'une manière qui contribue à la paix, à la sécurité et à la stabilité dans la région".

"La Syrie est entrée dans un tunnel sombre sans fin", a déploré pour sa part M. Ihsanoglu à l'ouverture de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OCI.

La violence qui ensanglante la Syrie "est la conséquence du fait que (le régime de Bachar al-Assad) ait ignoré les demandes de son peuple", a-t-il ajouté, avant d'avertir que "la politique de la terre brûlée n'a jamais été une garantie de stabilité".

"La situation douloureuse" que vit le monde islamique "ouvre la voie à l'affaiblissement de notre Oumma (Nation) et donne des prétextes à l'ingérence dans nos affaires", a prévenu le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal, dans une allocution adressée à la réunion ministérielle.

Dans cette allocution prononcée en son nom par le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Abdel Aziz Ben Abdallah Ben Abdel Aziz, il a appelé les 57 pays de l'OCI à mettre à profit le sommet de La Mecque pour "dénoncer l'extrémisme, la fanatisme et la violence" et à "opter pour la modération".

La réunion ministérielle de Jeddah doit préparer le sommet de mardi à La Mecque, premier lieu saint de l'islam, à l'initiative du roi Abdallah d'Arabie saoudite, qui cherche à mobiliser le monde musulman en faveur du soulèvement en Syrie.

Mais la crise syrienne divise profondément les pays musulmans. L'Iran chiite affiche un soutien sans faille au régime syrien, alors que l'Arabie saoudite, sunnite, soutient les rebelles qui cherchent à renverser le président Bachar al-Assad.

Outre la crise syrienne, le sommet devrait aussi être l'occasion d'évoquer le processus de paix israélo-palestinien, actuellement dans l'impasse, et la situation de la minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie.

lyn/tm/vl

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