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Le vice-président égyptien, magistrat respecté et opposant à Moubarak

13/08/2012 12:08 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

Mahmoud Mekki, nommé vice-président d'Egypte dimanche, est un magistrat respecté qui a joué un rôle crucial en 2005 pour transformer la grogne des juges contre l'ingérence de l'exécutif dans les affaires de la justice en mouvement contre le régime de Hosni Moubarak.

M. Mekki est seulement le deuxième vice-président égyptien en 30 ans. M. Moubarak, qui était le vice-président d'Anouar al-Sadate au moment de l'assassinat de ce dernier en 1981, n'avait jamais pourvu le poste jusqu'à la révolte de 2011 qui l'a renversé et pendant laquelle il avait nommé son chef des renseignements Omar Souleimane vice-président.

M. Mekki s'est fait connaître en avril 2005, lorsqu'il prit le micro lors d'une réunion du club des juges d'Alexandrie, consacrée au boycott de la supervision des législatives par les magistrats, pour exhorter ses collègues à faire monter la pression contre le régime Moubarak.

Il avait alors réussi à convaincre ses collègues d'appeler à une assemblée générale d'urgence des juges d'Egypte au siège de leur club au Caire, lançant ainsi la désormais célèbre fronde des juges.

Les magistrats exigeaient notamment une nouvelle loi pour le pouvoir législatif, qui consacre son indépendance, et refusaient de cautionner les fraudes qui entachaient toutes les élections à l'époque.

M. Mekki, qui était l'un des adjoints du président de la Cour de cassation, devient alors célèbre et se transforme en symbole de l'opposition à M. Moubarak, dont le régime le fit passer en conseil de discipline pour "offense à la justice" début 2006.

Son nom circula même dans les milieux de l'opposition comme possible candidat face à M. Moubarak. Mais M. Mekki répondait aux sollicitations: "Nous sommes des juges et nous voulons rester des juges indépendants".

Les sympathies politiques de M. Mekki ne sont pas connues. Eloquent et calme, il vient d'une famille issue de la classe moyenne. Son frère est le nouveau ministre de la Justice, Ahmed Mekki.

M. Mekki, qui a su gagner le respect de la classe politique égyptienne, notamment en raison de son intransigeance face au régime Moubarak, avait quitté l'Egypte en 2010 pour le Koweït, pour ne revenir que la semaine dernière pour prendre ses fonctions.

Fin janvier 2011, il était revenu en vacances au Caire et avait dit à l'AFP être "venu (se) repaître de la vue de la place Tahrir", alors remplie de "révolutionnaires" réclamant le départ de Hosni Moubarak.

Né à Alexandrie en 1954, M. Mekki a étudié à l'académie de police et est un ancien officier du ministère de l'Intérieur, qu'il a quitté pour se diriger vers la magistrature.

mon/iba/cr/feb

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