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Le retour forcé en classe s'amorce pour plusieurs cégeps du Québec

13/08/2012 06:19 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le carré rouge ne rime peut-être pas avec la contestation et la rue après tout, car les cégépiens québécois, qu'ils portent le désormais célèbre calicot ou non, semblent opter pour un retour en classe.

Tandis que le retour forcé en classe s'est amorcé lundi pour plusieurs cégeps touchés par la loi spéciale votée par le gouvernement libéral de Jean Charest au printemps, jusqu'à présent, la majorité des étudiants qui ont dû s'exprimer lors d'un vote ont choisi de retourner sur les bancs d'école.

Les quelque 1500 étudiants réunis au collège Édouard-Montpetit, à Longueuil, ont voté lundi pour un retour en classe jusqu'au 19 septembre. À vue de nez, 80 pour cent des membres présents ont pris cette décision, non sans faire le choix d'une grève d'une journée le 22 août prochain afin de participer à la manifestation organisée par la CLASSE.

La grève a également été arrêtée au cégep Marie-Victorin, où 961 des 1575 étudiants présents en assemblée générale ont voté contre sa poursuite.

Même résultat au collège de Maisonneuve, où 854 étudiants ont voté pour la poursuite de la grève et 1480 s'y sont opposé.

Ces votes s'ajoutent à ceux tenus la semaine dernière et qui ont officialisé le retour en classe dans trois autres institutions. Au cégep de Saint-Jérôme, on a opté pour une trêve, tandis qu'au collège de Valleyfield et au cégep André-Laurendeau, les étudiants ont décidé de mettre fin à leur grève.

Les étudiants du cégep du Vieux-Montréal ont décidé, quant à eux, de continuer la grève. Le vote a été si serré qu'il y a eu un recomptage. Finalement 879 personnes ont voté en faveur de la grève et 861 s'y sont opposées. Avant ce vote, seuls les cégepiens du collège de Saint-Laurent s'étaient prononcés en faveur de la poursuite de la grève.

Mais ceux qui retournent en classe promettent de ne pas abandonner la lutte, comme l'a remarqué Élodie Trudeau, 18 ans, qui étudie en sciences humaines au collège Édouard-Montpetit.

«Plusieurs carrés rouges disaient qu'il était mieux de faire valoir notre opinion en allant voter en septembre», a-t-elle relaté au terme d'une assemblée générale ponctuée d'applaudissements, mais également de huées.

«Certains disaient qu'on serait plus fort dans la rue, mais d'autres martelaient que, peu importe ce qu'on allait faire, Jean Charest allait le prendre contre nous.»

D'autres votes doivent avoir lieu au cours de la semaine dans plusieurs établissements.

Voulant encourager un retour en classe dans tous les établissements, le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, n'a quant à lui pas caché que la session pourrait être annulée sans un retour rapide des étudiants.

Selon M. Beauchesne, s'il est impossible de terminer la dernière session d'hiver, il vaut mieux se concentrer à accueillir dans les cégeps les élèves qui ont terminé le secondaire et aller de l'avant avec la session d'automne.

Les fédérations étudiantes collégiale et universitaire ont indiqué au cours de la fin de semaine qu'elles n'avaient pas donné de mot d'ordre à leurs associations membres, laissant le soin à chacune d'elles de décider de reconduire la grève ou de reprendre les cours.

Cependant, la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) incite plutôt les associations étudiantes à reconduire les votes de grève.

Certains groupes anarchistes répètent par ailleurs que les votes de grève des étudiants sont plus démocratiques que les élections générales et estiment que leur système de démocratie directe ne devrait pas être assujetti aux stratégies électorales des partis provinciaux et du «système de démocratie représentative».

Anarchiste fort connu et acteur de divers mouvements sociaux et contestataires, Jaggi Singh a envoyé de nombreux «tweets» dans lesquels il précise que les étudiants en grève ne s'en prennent pas à un parti ou un gouvernement en particulier, mais plutôt à un «système destructif» dans son ensemble. Il appelle ainsi au maintien des grèves pendant la campagne électorale.

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