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La vieille ville de Damas passée au crible par les forces de sécurité

13/08/2012 11:40 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

A l'entrée de la rue pavée de Medhat-Bacha, l'une des artères les plus animées de la vieille ville de Damas, un soldat demande sa carte d'identité à un homme d'une vingtaine d'années apeuré, qu'il soupçonne d'appartenir à la rébellion.

Dans un quartier autrefois prisé des touristes, les forces de sécurité ont établi de nombreux points de contrôle sur cette rue étroite bordée de magasins, fouillant les voitures et contrôlant l'identité des passants, notamment des jeunes.

Arrivés près du barrage, les passants poursuivent leur marche en évitant le regard des hommes tenant le point de contrôle de crainte d'être interpellé ou pire encore, d'être emmené et interrogé.

"Dans la rue Medhat-Bacha, il y a plus de 70 barrages", dit un commerçant qui tient un magasin de mosaïque. "J'habite à Qaboune où les bombardements n'ont pas cessé ce matin, je viens ici et voyez ce qui se passe", se lamente-t-il. "Qu'est-ce qui va arriver ?".

La vieille ville est aujourd'hui passée au crible, indique l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) faisant état d'une campagne de perquisitions et d'arrestations de grande envergure dans le vieux Damas et de tirs nourris dans le vieux Damas.

Vingt-deux personnes ont été arrêtées par les forces de sécurité qui ont notamment fouillé un cimetière à la recherche d'armes, selon l'OSDH, une organisation qui se base sur un réseau de militants et de témoins.

La tension est palpable.

Les souks, habituellement colorés et achalandés, semblent aujourd'hui morts. Les commerçants sont assis sur le pas de leur porte, guettant les rares clients sortis faire leurs courses.

Selon les comités locaux de coordination (LCC), qui regroupent des militants sur le terrain, à Chaghour, "les forces de sécurité ont brisé les portes des magasins qui étaient fermés" pour les contraindre à ouvrir alors qu'ils faisaient grève en signe de protestation contre le régime.

Présents sur tous les ronds-points et entrées de rue à travers la vieille ville, notamment à Madhat-Bacha, Bazourié, Hariqa et Hamidiyé, les soldats perquisitionnent les maisons aux alentours de Bab Jabié et Bab Srigé, selon plusieurs habitants.

"Ils contrôlent les identités des jeunes, recherchant les éléments de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles)", confie discrètement un vendeur de draps à Madhat-Bacha.

Selon un bijoutier à Hariqa, les soldats font irruption dans chaque maison "depuis le matin, à la recherche d'hommes armés".

Les bijoutiers ont pour la plupart vidé leurs magasins, laissant cependant quelques lingots d'or dans la vitrine, comme pour rappeler aux clients qu'il vaut mieux acheter de l'or en ces temps de guerre.

Au coeur de la vieille ville, les forces de l'ordre, casquées et armées, sont postées devant l'entrée principale de la mosquée des Omeyyades.

"Les soldats sont aussi sur les nerfs", remarque un commerçant devant sa boutique de tissus, où luisent de beaux brocarts de soie et des nappes brodées de fils d'or, typiques des souks de Damas.

Les forces de l'ordre "inspectent et font leur devoir pour empêcher les hommes armés" d'intervenir dans la ville, affirme-t-il, alors que des obus se sont abattus au petit matin sur des quartiers du sud de la capitale, à Assali, Nahr Aïché et Qadam, ainsi que dans la banlieue sud à Irbine, Al-Tal et Artouz, selon l'OSDH.

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