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Égypte: l'armée accepte la mise à la retraite d'importants dirigeants militaires

13/08/2012 05:28 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - L'armée égyptienne s'est apparemment ralliée à la décision du nouveau président d'envoyer à la retraite le ministre de la Défense ainsi que son chef d'état-major, tout comme de récupérer certains pouvoirs qui avaient été soustraits à la présidence.

L'annonce du président Mohammed Morsi avait pris le pays par surprise, dimanche. Celui qui était auparavant vu comme un dirigeant faible est maintenant perçu comme un politicien rusé qui a attendu au bon moment pour répliquer à des militaires qui l'avaient dépouillé de l'essentiel de ses pouvoirs avant qu'il n'entre en fonction le 30 juin.

Un message mis en ligne sur une page Facebook proche des dirigeants de l'armée du pays affirme que ces changements représentent la passation naturelle des pouvoirs à une génération plus jeune.

De son côté, l'agence de presse officielle égyptienne citait, tard dimanche, un militaire anonyme selon qui il n'y aurait eu aucune réaction négative au sein de l'armée. De plus, aucun mouvement militaire particulier n'avait été remarqué au lendemain des décisions du président Morsi.

Les États-Unis, qui sont le principal allié de l'Égypte depuis 30 ans, ont déclaré ne pas être dérangés par les changements et avoir hâte de continuer à collaborer étroitement avec le Conseil suprême des forces armées (CSFA) du pays. L'Égypte reçoit environ 1,5 milliard $ US par année de Washington.

L'audace de M. Morsi pourrait par contre alimenter les craintes, autant en Égypte qu'à l'étranger, qu'il a maintenant accumulé trop de pouvoir, autant pour lui-même que pour les Frères musulmans, groupe dont il est issu. Ainsi, lundi, le lauréat du prix Nobel de la paix et opposant égyptien Mohamed ElBaradei a reproché sur Twitter au président de détenir des «pouvoirs impériaux».

Certains experts croient que Mohammed Morsi peut avoir conclu une entente avec les dirigeants militaires du pays pour leur permettre de s'éclipser en douce et leur éviter de devoir répondre d'éventuels crimes qu'ils auraient commis pendant qu'ils gouvernaient le pays.

Pour étayer leur théorie, ils soulignent le fait que l'ex-ministre de la Défense, le maréchal Hussein Tantaoui, et l'ancien chef d'état-major, le général Sami Annan, ont tous les deux été nommés conseillers du président.

Trois autres militaires envoyés à la retraite, soit les chefs de la marine, de l'armée de l'air et de la défense aérienne, ont aussi obtenu des postes élevés au sein du gouvernement.

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