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Four Nations - L'Argentine enfin dans la cour des grands

13/08/2012 07:50 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

L'équipe d'Argentine effectue samedi ses débuts historiques dans un tournoi annuel majeur du rugby mondial en intégrant le désormais nommé Four Nations aux côtés de trois géants: l'Australie tenante du titre, la Nouvelle-Zélande championne du monde et l'Afrique du Sud.

Quelques chiffres résument l'ampleur du défi qui attend les Pumas: seulement quatre victoires contre l'Australie remportées entre 1983 et 1987 et rien depuis. Un match nul contre la Nouvelle-Zélande, en 1985 (21-21), pour 17 défaites. Et 13 revers face aux Springboks, leur premier adversaire samedi au Newlands Stadium du Cap.

Mais cette invitation à siéger au banquet annuel des géants de l'hémisphère Sud n'est pas tombée du ciel. Bastion du ballon ovale en Amérique latine, l'Argentine l'a obtenue de haute lutte en atteignant la troisième place du Mondial-2007 en France. De quoi donner à penser aux dirigeants mondiaux lors du forum de Woking en novembre 2007, pour une intégration finalement actée en septembre 2009.

L'International Rugby Board (IRB, organe suprême du rugby), à hauteur de 10 millions de dollars, et la Sanzar, regroupant les Fédérations des trois géants du sud, ont aidé à cette intégration qui donne un nouvel intérêt à un tournoi créé en 1996 et remporté dix fois en 16 éditions par les All Blacks.

De son côté, l'Argentine a lancé en 2009 son Pladar (plan pour le développement du haut niveau): création de centres de formation, intégration d'une équipe de jeunes, les Pampas, dans la Vodacom Cup, le championnat des réserves des provinces sud-africaines... remporté en 2011.

La quatrième place de l'équipe des moins de vingt ans au Mondial de la catégorie en juin prouve également la bonne santé de la formation. Et les Argentins projettent, à moyen terme, d'intégrer une franchise argentine au Super 15, pendant du Four Nations pour les provinces de l'hémisphère Sud.

Conscients de l'immensité de leur tâche, les Pumas, attendus au Cap lundi, se sont préparés en conséquence. Recrutement comme consultant de Graham Henry, l'ex-entraîneur des All Blacks champions du monde en titre, préparation digne d'une Coupe du Monde, principaux joueurs exemptés des test-matches de juin contre la France et l'Italie, préparation à Pensacola (Floride): rien n'a été laissé au hasard. Avec une victime collatérale: les clubs européens (18 joueurs sur 27), privés de leurs Argentins pendant au moins trois mois.

Les lieux retenus pour les matches à domicile des Pumas (Mendoza, La Plata, Rosario) promettent de chaudes réceptions à des All Blacks, Wallabies et Springboks habitués à des audiences plus policées. En attendant, les Pumas passent un premier test très difficile au Cap. Les Springboks, éliminés en quart de finale du Mondial-2011, ont été repris en main par Heyneke Meyer, successeur de Peter de Villiers au poste d'entraîneur.

La première journée verra également le déplacement des All Blacks à Sydney. Steve Hansen, ancien adjoint de Graham Henry devenu entraîneur principal après le titre mondial d'octobre 2011, reprend le flambeau. Mondial-2011 et test-matches de juin contre l'Irlande confondus, les Néo-Zélandais restent sur treize victoires consécutives. Leur dernière défaite fut enregistrée en... Australie, en épilogue du Tri-Nations 2011.

Les Wallabies avaient alors mis fin à dix années de disette dans la compétition, avant de connaître une nouvelle désillusion au Mondial en s'inclinant face à l'Irlande en match de poule, puis en demi-finale face aux All Blacks. En 2012, les Australiens ont débuté leur saison par une défaite (9-6) contre l'Ecosse avant trois victoires serrées face au pays de Galles. L'entraîneur néo-zélandais Robbie Deans abordera donc le Four Nations sous pression.

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