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Egypte: Washington appelle gouvernement et militaires à travailler ensemble

13/08/2012 12:37 EDT | Actualisé 13/10/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont appelé lundi les militaires et le gouvernement à travailler ensemble en Egypte, au lendemain du renvoi du puissant ministre de la Défense et chef de l'armée, le maréchal Hussein Tantaoui, par le président Mohamed Morsi.

"Il est important que les militaires et les civils travaillent étroitement ensemble pour régler les problèmes économiques et de sécurité auxquels l'Egypte doit faire face", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, ajoutant: "Nous espérons que l'annonce du président Morsi servira les intérêts du peuple égyptien".

Cette déclaration intervient au lendemain du limogeage du maréchal Tantaoui alors que le président égyptien Mohamed Morsi apparaissait en position de force après avoir également annulé les larges prérogatives politiques dont bénéficiaient les militaires.

La presse égyptienne a qualifié de "révolutionnaires" ces décisions, certains médias s'inquiétant toutefois de voir M. Morsi, issu des Frères musulmans, concentrer désormais d'énormes pouvoirs entre ses mains.

M. Tantaoui a été remplacé par Abdel Fattah al-Sissi, que les Etats-Unis connaissaient déjà du fait de ses fonctions précédentes. Sa nomination est bienvenue, a également dit Jay Carney.

"Nous attendions du président Morsi qu'il se coordonne avec les militaires pour nommer une nouvelle équipe au ministère de la Défense et nous allons continuer à travailler avec les dirigeants civils et militaires de l'Egypte pour avancer sur les différents points qui nous intéressent", a repris le porte-parole de la Maison Blanche.

Ce coup de théâtre est survenu alors que sur le plan de la sécurité, l'Egypte fait face à une grave crise dans le Sinaï, où 16 de ses gardes-frontières ont été tués le 5 août près de la frontière avec Israël et Gaza. L'armée égyptienne mène depuis une large offensive contre les "éléments terroristes" dans la péninsule.

M. Morsi a de fait mis fin à la tutelle que lui imposait le Conseil suprême des forces armées (CSFA). Celui-ci s'était, dans la foulée de la dissolution de l'Assemblée dominée par les islamistes, octroyé en juin le pouvoir législatif, limitant considérablement la marge de manoeuvre du président élu au même moment.

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